mardi 30 mai 2017

Girard-Perregaux: Laureato Squelette

Girard-Perregaux est une des plus belles manufactures suisses mais le problème est que cela ne se sait pas. Sous l'impulsion d'Antonio Calce, la marque oeuvre à gagner en visibilité et en notoriété auprès des amateurs en insistant sur son patrimoine horloger et sur ses capacités techniques et décoratives. Cette stratégie ne peut porter ses fruits que si le contenu du catalogue est en cohérence. La Laureato Squelette est la montre idéale pour servir de porte-drapeau à cette ambition en combinant deux ingrédients essentiels: un design caractéristique et un contenu horloger ambitieux.


La Laureato est peut-être la véritable montre iconique de Girard-Perregaux.  C'est du moins ce que la marque veut mettre en avant. Le constat était simple: le tourbillon trois ponts d'or, l'élément le plus caractéristique de la manufacture ne pouvait pas constituer un vecteur de communication "grand public" compte tenu du prix des montres embarquant cette complication. La Laureato n'a pas ce problème puisque après un retour par le biais d'une série limitée en 2016, c'est une collection complète avec une gamme de prix extrêmement large qui a été dévoilée lors du dernier SIHH. L'autre atout de la Laureato est son esthétique extrêmement marquée par le style en vogue au début des années 70 et dont la Royal Oak fut le point de départ. Tout comme la montre créée par Gérald Genta, la Laureato joue sur les formes avec sa lunette en deux parties, le sommet octogonal contrastant avec sa base circulaire. Le cadran traditionnel reprend un motif en clou de Paris qui lui donne un effet de relief et le bracelet intégrée assure une continuité en matière de design.


La dernière représentante de cette collection est selon moi la plus réussie avec la Laureato 38mm. La Laureato Squelette est en tout cas beaucoup plus passionnante que la Laureato Tourbillon qui ne possède pas le charme de l'ancienne version EVO3 en titane et à ponts saphir.  Premier bon point pour cette nouvelle montre: sa taille reste raisonnable avec un diamètre de 42mm alors que la Laureato Tourbillon s'égare dans un boîtier de 45mm. Mais surtout, elle profite pleinement du travail de finition et de décoration effectué sur le mouvement squelette GP01800 lui donnant beaucoup d'originalité et de raffinement.


Le danger avec cette montre aurait été que la combinaison entre le contexte esthétique de la Laureato et le rendu très ciselé du mouvement produise un sentiment d'excès. Il n'en est rien et le résultat est très convaincant. Cette réussite est due à la très belle exécution du mouvement et à son aspect très contemporain que j'avais déjà pu apprécier avec la 1966 Squelette. Le type de finition est d'ailleurs le même qu'avec la 1966 puisque Girard-Perregaux a conservé le traitement galvanique anthracite. J'aurais aimé voir une autre finition pour changer d'approche mais force est de constater que ce traitement est élégant, moderne et très agréable à l'oeil. Il offre de plus un contraste plus fort avec les aiguilles et les index ce qui renforce la lisibilité.


La qualité des finitions est irréprochable, les ponts dessinent de très jolies formes et offrent plusieurs angles rentrants. Dans ce contexte, le mouvement squelette dévoile ses parties animées et notamment l'organe régulant au sommet du cadran, juste derrière le logo de la marque. En revanche, j'aurais aimé que le ressort de barillet soit moins présent visuellement car il a tendance à attirer l'oeil du fait de sa position à cinq heures et de sa taille. Le mouvement GP01800 est automatique (avec une fréquence de 4hz et une réserve de marche de 54 heures) et une des animations les plus intéressantes offertes par la Laureato Squelette provient de la rotation de la masse oscillante qui se perçoit au second plan sans gâcher la vue sur le devant. Cette réussite réside dans l'excellent travail effectué à l'arrière du mouvement dont la finition n'a rien à envier à l'avant. A noter la présence d'une petite trotteuse à dix heures (et très proche du balancier) qui apporte une petite animation supplémentaire bien agréable. 


Les 42mm de diamètre sont incontestablement la bonne taille pour cette montre. Si pour la version simple j'ai une nette préférence pour la version 38mm, plus élégante et équilibrée à mon goût que la version 42mm, la Laureato Squelette avait en revanche besoin de cette taille pour laisser le mouvement respirer et éviter un style trop confus. La taille perçue est d'ailleurs inférieure à la version 42mm simple. 

La Laureato Squelette est disponible en deux déclinaisons: en acier (au prix de 32.600 euros) et en or rose (au prix de 64.000 euros). Le prix de la version acier est donc bien positionné compte tenu de la qualité de l'ensemble. Il s'agit donc à mes yeux d'une des montres Girard-Perregaux les plus abouties et elle peut devenir, avec la Neo Bridges, le porte-drapeau du nouvel élan de la marque.

Merci aux équipes de Girard-Perregaux France et de Bucherer.

Les plus:
+ une finition du mouvement irréprochable
+ la cohérence esthétique de l'ensemble
+ une taille adaptée
+ le prix compétitif de la version acier

Les moins:
- le ressort de barillet est un peu trop présent visuellement

jeudi 25 mai 2017

Les maux de l'horlogerie: 1) plus on veut connaître le client, moins on connaît les clients

Je vous propose une série de chroniques publiées dans le blog portant le titre "les maux de l'horlogerie". Ces billets auront pour but de présenter ma propre perception sur ce qui ne tourne pas rond dans ce petit monde qui nous est cher (sic). Je ne détiens évidemment pas la vérité mais j'avais envie de consigner de façon formelle tout ce que je ressens depuis plusieurs années. Ces billets seront courts et ne citeront aucune marque. Même si certaines seront faciles à deviner, il ne s'agira de pointer du doigt un acteur particulier mais bien d'avoir une vision globale.

1) Plus on veut connaître le client, moins on connaît les clients

Lorsque je discute avec les vendeurs dans les boutiques de marques, ils m'avouent qu'ils doivent passer beaucoup de temps à remplir l'outil de CRM (Customer Relationship Management) afin de faire remonter ces données aux pays puis aux sièges. C'est évidemment important de connaître les motivations des visites des clients en boutique, leurs profils, leurs demandes etc... Mais malheureusement l'essentiel est ailleurs. Les marques devraient surtout se poser la question de savoir pourquoi des pans entiers de clients désertent les points de vente et ce n'est pas l'outil de CRM qui va le dire.

C'est tout le problème. A force de vouloir analyser la clientèle de façon micro-économique, notamment sous la pression des départements Marketing, les tendances de fond ne sont pas suffisamment appréhendées. Les détaillants dans les pays "matures" l'avouent. Au fil des ans, les marques se sont coupées de leurs clientèles locales et fidèles. Augmentations des prix, disparitions de références connues, sentiment que les marques ne s'adressent plus à elles, les raisons sont multiples. C'est aujourd'hui un gros problème pour l'horlogerie car effectuer le chemin inverse est très difficile et c'est toute une partie du chiffre d'affaires récurrent et stable qui a disparu. 

Reste à conquérir de nouveaux clients mais encore faut-il savoir proposer les bons produits et les bonnes prestations. Ces clients recherchent de la créativité, de l'audace, de la personnalisation, des prix raisonnables. L'outil de CRM ne va vraiment pas consigner ce genre de tendance. Les marques devraient donc penser à d'autres capteurs d'informations pour une véritable prise de conscience.

Oublions certains réseaux sociaux qui en l'absence de community managers aguerris et connaisseurs de l'industrie ne font que réceptionner des messages de fans... qui ne sont pas des clients. Les forums peuvent comporter des informations intéressantes mais la typologie des membres n'est pas un indicateur suffisamment pertinent de la clientèle qui achète dans les boutiques. Et si on en revenait à la base? A la discussion directe et approfondie avec des clients (présents ou anciens), des prospects?

6 mois après le rachat de Loro Piana par LVMH, en tant que client d'une des boutiques de Paris, je fus interrogé par un consultant pendant plus d'une heure et demie pour que je donne ma perception de la marque, mes attentes, mes souhaits. Plusieurs clients par pays furent ainsi sondés de façon officielle et je peux vous dire que les questions étaient précises et appropriées. J'ai trouvé cet exercice fort intéressant, pertinent et surtout utile pour la marque et son nouveau propriétaire. Cela fait 20 ans que je suis client en horlogerie. Plus de 10 ans que je vais chaque année à Bâle ou au SIHH. Si j'ai des échanges très réguliers avec les acteurs du marché, ils demeurent "off" ou  informels. Personne ne m'a sollicité depuis toutes ces années dans le cadre d'une étude clients officielle et sérieuse. Dans mon entourage horloger, personne n'a été sollicité non plus.

Pourtant, je connais de nombreux clients qui aimeraient s'exprimer et expliquer pourquoi ils se sont peu à peu éloignés de l'horlogerie. Mais les marques ont-elles envie d'entendre cette musique qui risquerait de ne pas leur faire plaisir? Alors, autant continuer comme si de rien n'était. Malheureusement, se comporter comme les 3 singes de la sagesse ne me semble pas être la meilleure politique dans un contexte difficile et un environnement qui est en train de se transformer à la vitesse grand v. 

J'aurai l'occasion de revenir sur certains thèmes abordés dans ce billet.

Tudor: Heritage Black Bay Bronze Blue

Au moins avec Tudor, les choses sont simples. La marque focalise dorénavant l'essentiel de ses efforts sur la collection Heritage Black Bay qui est la plus emblématique et la plus performante de son catalogue en termes de vente. Les nouveautés 2017 présentées à Bâle sont à ce titre très représentatives de cet état de fait.  En dehors de la pièce féminine Clair de Rose, toutes les autres montres appartiennent à la collection Heritage Black Bay. Tudor travaille ainsi à élargir les spectres des tailles disponibles (la Black Bay est maintenant disponible en 41mm après la version 36mm), des matériaux  (avec l'introduction du bicolore) et des complications (grâce au chronographe, tandis que la Black Bay Steel est proposée avec un guichet de date). La stratégie de Tudor est donc simple: derrière le nouveau slogan #Borntodare, l'objectif est d'enfoncer le clou, de profiter au maximum du succès des différentes déclinaisons de la Black Bay et d'éviter un éparpillement d'énergie et de ressources inutile. Tudor possède maintenant sa montre iconique et aurait tort de se priver d'une telle opportunité.


C'est d'autant plus vrai que même les montres présentées en dehors de Bâle respectent la même logique. L'Heritage Black Bay Bronze Blue, qui vient d'être dévoilée, est l'archétype même de ce qu'est aujourd'hui une montre Tudor à succès: une petite différence esthétique par rapport à un modèle existant, des finitions sérieuses et de qualité et un prix finalement raisonnable pour un mouvement de manufacture (dans ce cas), le tout pour une tenue de cote meilleure que celles de nombreuses concurrentes et une capacité de revente aisée.

Malgré le #Borntodare, l'audace ne se retrouve pas du point de vue esthétique. Tudor surfe sur la vague néo-rétro mais réussit bien cet exercice. La force de Tudor, c'est de mieux respecter les montres qui ont servi d'inspiration que ses confrères. La marque ne s'aventure pas par exemple à mettre des guichets de date là où il n'y en a pas besoin sous prétexte qu'une montre avec date se vend mieux (comme de nombreuses maisons nous l'expliquent). Ce qui compte, ce ne sont les fonctions mais la désirabilité. Et une Heritage Black Bay est désirable car son design est abouti et la qualité de l'exécution est irréprochable.


Qu'importe finalement si la Black Bay Bronze Blue, présentée dans le contexte de la collection Blue Editions de Bucherer, n'est qu'une simple évolution de couleurs de la Black Bay Bronze. En habillant le cadran et la lunette de bleu, la montre gagne, selon moi, en subtilité et en élégance. Je trouve la combinaison bronze-marron de la Black Bay Bronze pesante et finalement peu originale. Dans le contexte de la Black Bay Bronze Blue, le jeu de couleurs gagne en contraste, en dynamisme et en raffinement.

La montre est incontestablement très belle mais reste toujours aussi imposante avec son diamètre de 43mm et son épaisseur de 13,4mm. Le boîtier est cependant son élément le plus réussi, apportant la preuve des capacités techniques de Tudor. Basé sur un alliage d'aluminium et de bronze, il a été conçu pour que son évolution dans le temps reste maîtrisée et évite de donner à la montre l'aspect d'une relique trouvée dans une épave. 


Le bleu de la lunette et du cadran est parfaitement dosé, suffisamment sombre pour être cohérent avec le style de la montre mais possédant de beaux reflets lorsque la lumière frappe directement le cadran. Les autres éléments sont connus comme les très belles aiguilles Snowflake et la couronne en bronze ornée de la rose Tudor. 

L'autre caractéristique importante de la Black Bay Bronze Blue est la reprise du mouvement de manufacture MT5601 qui possède l'atout d'une réserve de marche généreuse de 70 heures pour une fréquence de 4hz. Il se distingue par son spiral en silicium et sa certification chronomètre.

La Black Bay Bronze Blue est disponible avec deux bracelets qui se marient  parfaitement avec le boîtier: un bracelet en veau vieilli ou un bracelet en tissu qui reprend les codes couleurs de la montre. Ce dernier bracelet est ravissant mais particulièrement agaçant. Il est à la fois trop court (il ne passe pas sous le second passant!) et trop étroit (il manque un bon millimètre!). Cela donne l'impression que le préposé aux mesures s'est emmêlé les pinceaux. Ce n'est pas très sérieux et c'est très surprenant pour une marque comme Tudor.

L'étroitesse du bracelet est clairement visible:


Je reste cependant très séduit par cette montre qui combine avec bonheur force et raffinement. La Black Bay Bronze Blue n'est pas faite pour tous les poignets mais si l'écueil du gabarit est franchi, elle offre à ses propriétaires la possibilité de porter une montre chaleureuse du fait de la couleur du boîtier et au bout du compte, plutôt polyvalente. Elle deviendra, j'en suis sûr, un des plus beaux succès commerciaux de la collection Blue Editions de Bucherer.

Les plus:
+ une finition irréprochable
+ un prix raisonnable compte tenu de la qualité de l'exécution
+ une réussite esthétique plus subtile que la Black Bay Bronze
+ les performances du mouvement de manufacture

Les moins:
- un gabarit imposant
- le bracelet tissu est trop court et trop étroit ce qui est très agaçant

lundi 15 mai 2017

La collection Raketa disponible à Paris chez Fréret-Roy

Les montres Raketa sont dorénavant disponibles chez Fréret-Roy, rue Daniele Casanova à Paris. Il s'agit d'une excellente nouvelle puisqu'elle permet d'élargir l'offre horlogère sur Paris à travers une marque qui se singularise par ses racines russes, son approche esthétique originale et ses mouvements produits au sein de la manufacture de Peterhof, à Saint-Petersbourg. Raketa fabrique ainsi ses propres spiraux et échappements ce qui prouve les capacités de la manufacture.

Raketa a une très longue histoire de près de 300 ans puisque elle a été fondée en 1721 par Pierre le Grand. Pourtant, la marque ne sent pas la poussière puisque une véritable impulsion dynamique a été donnée par la nouvelle équipe dirigeante qui a pour objectif de la faire monter en gamme (tout en restant dans des prix raisonnables) et de lui donner une exposition internationale élargie. Cette ambition se ressent à travers les nombreux partenariat que Raketa noue dans les domaines du sport, de l'Espace ou de l'Art. Des noms célèbres sont maintenant associés à la marque russe comme Natalia Vodianova, qui contribua au design du modèle "Zvezda" ou Emir Kusturica qui travailla sur l'évolution du modèle "Avant-Garde".

La qualité perçue des montres est donc en hausse et l'approche esthétique se veut résolument plus contemporaine avec des tailles plus importantes, des finitions plus valorisantes sans perdre cette atmosphère russe si singulière. Les prix suivent en toute logique cette tendance et se situent à un niveau plus élevé que ceux que nous avons en tête pour des montres russes "standard".

Je vous propose une petite sélection des montres disponibles, parmi mes préférées.

Le  modèle Avant-Garde me séduit particulièrement avec sa combinaison de différentes formes d'aiguille. J'y vois un style éminemment russe et même si la lecture de l'heure nécessite une période d'accoutumance, je dois avouer que j'ai été charmé par cette montre d'un diamètre de 40,5mm (et dont la taille perçue est supérieure). Son prix est de 990 euros avec ce bracelet.


La Copernicus est également très réussie et basée sur un principe similaire jouant avec la forme des aiguilles. Le fond bleu du cadran est joliment exécuté et invite à la conquête spatiale. La montre est vendue à un prix de 990 euros avec le bracelet cuir et à un prix de 1.150 euros avec le bracelet métal.


La Yalta est plus classique dans son approche et reprend le design de la montre d'origine datant de 1967. Le dessin du cadran symbolise la présence des leaders des 3 puissances à Yalta. Le prix de la montre est de 790 euros avec le bracelet cuir.


Enfin la Polar et son affichage 24 heures, bien pratique en cas d'expédition polaire, se distinguent par un boîtier d'un diamètre de 43mm et un joli effet de couleurs sur le cadran. Le prix de la Polar est de 990 euros avec un bracelet cuir. A noter que cette montre propose un fond transparent permettant de voir le mouvement automatique qui l'anime. 


Je vous invite donc à découvrir ces montres chez Fréret-Roy afin de se plonger dans un univers très différent de ceux que nous connaissons habituellement chez nos détaillants.

dimanche 14 mai 2017

Les nouveautés 2017 de Lange & Söhne à la boutique de Paris

La collection itinérante des nouveautés 2017 de Lange & Söhne vient d'arriver à la boutique de Paris. Cette collection sera visible jusqu'au 24 mai donc je vous encourage vivement à aller les voir le plus rapidement possible. Il est cependant important de préciser que les pièces compliquées manquent à l'appel. C'est fort dommage car elles contribuent grandement au prestige de la manufacture saxonne et qu'il est extrêmement difficile de les voir en dehors du SIHH. J'espère donc avoir l'occasion un jour de découvrir le Tourbograph Calendrier Perpétuel, la Zeitwerk Decimal Strike en or miel et la Lange 31 jours en or gris dans un autre contexte.


Quoi qu'il en soit, les montres les plus importantes du point de vue stratégique pour la marque sont bel et bien présentes: la 1815 Calendrier Annuel et la Lange One Moon Phase. Je vous propose de les découvrir sachant que je reviendrai plus en détail sur ces pièces plus tard.

La Lange One Moon Phase fut dévoilée fin 2016 lors du pré-SIHH. La nouveauté la plus importante du Salon fut donc la 1815 Calendrier Annuel. Disponible en or gris et en or rose, elle reprend en grande partie l'organisation du cadran de sa prestigieuse soeur: la 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel. De fait, la date est indiquée par le biais d'une petite aiguille dans le sous-cadran de gauche. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus lisible et je dois même mettre mes lunettes pour la lire. La vraie question qui se pose est de savoir, entre cette montre et la Saxonia Calendrier Annuel qu'elle est la plus convaincante. Du point de vue esthétique, je n'ai pas d'hésitation: je préfère nettement la 1815 qui contient plus de codes "Lange". Du point de vue pratique, je trouve que la Saxonia prend le dessus. Elle offre une grande date et c'est bien l'information la plus importante pour une montre calendrier. Elle est équipée d'un mouvement automatique (le Sax-o-Mat en plus) ce qui permet d'utiliser un winder. Même si la 1815 se règle facilement, son mouvement à remontage manuel n'offre pas cette possibilité.

La version en or rose de la 1815 Calendrier Annuel. Cette montre offre la possibilité de profiter d'un affichage des phases de lune dans le contexte de la 1815 à un prix bien plus raisonnable que celui de la 1815 Rattrapante Calendrier Perpétuel.


La version en or gris, plus discrète:


La 1815 Calendrier Annuel est animée par le mouvement L051.3 qui possède une réserve de marche de 3 jours. J'apprécie son esthétique qui rend visible le rochet, la roue de couronne, le cliquet et son ressort.


La Lange One Moon Phase est un classique du catalogue Lange. La manufacture aurait pu se contenter de la dupliquer en l'adaptant au contexte de la nouvelle Lange One (qui utilise un nouveau mouvement comportant la grande date sautante à minuit) mais elle a eu l'excellente idée de rajouter une complication qui s'intègre parfaitement sur le cadran: l'indicateur jour&nuit. Cet indicateur, inséré dans le sous-cadran d'affichage des phases de lune apporte une animation nouvelle et permet de profiter du très beau bleu de l'affichage.

Les étoiles sont absentes... le bleu du ciel est d'une pureté absolue!


Les étoiles sont revenues! Quel plaisir de suivre pendant la journée l'évolution du disque!


Le mouvement L121.3 d'une réserve de marche de 3 jours anime les différentes versions (or gris, platine et or rose) de la Lange One Moonphase:


Ma version préférée de cette montre est celle en or gris. Son cadran noir met particulièrement en valeur le disque de l'affichage des phases de lune.

Depuis plusieurs années, Lange & Söhne adapte son offre afin d'être plus ambitieux à l'attention de la clientèle féminine. C'est dans ce contexte que la Little Lange One Moon Phase fut présentée lors du dernier SIHH. Son diamètre est en effet plus contenu (36,8mm vs 38,5mm pour une Lange One classique) et le cadran guilloché se veut plus sophistiqué. Cette montre est esthétiquement réussie même si son atmosphère chromatique est un peu trop claire à mon goût (sans oublier le bracelet blanc). A vrai dire, j'ai la certitude que quelques collectionneurs masculins achèteront cette pièce et la Lange One Moon Phase séduira de la même façon des clientes. La frontière entre montres féminines et masculines s'estompe et Lange l'a bien compris.


Le mouvement L121.2 découle du mouvement de la nouvelle Lange One comme le prouve la position du balancier à côté de la couronne. Sa réserve de marche est bien entendu de 3 jours.


Les nouvelles Saxonia à cadran en nacre sont également visibles à la boutique mais étant extrêmement difficiles à photographier, je préfère ne pas publier de photos qui ne leur rendent pas justice.

Je tiens à remercier l'équipe de la boutique Lange & Söhne de la rue de la Paix à Paris et n'oubliez pas... vous n'avez que jusqu'au 24 mai pour découvrir ces montres.

lundi 8 mai 2017

Piaget: deux nouvelles versions de la Polo S

Il y a tout de même quelque chose d'étrange dans la stratégie marketing des grandes marques. Les clients ont l'impression  à certains moments de subir un véritable matraquage d'un modèle particulier avec des pages de pub, des bandeaux à n'en plus finir... puis subitement plus rien comme si la marque en question avait décidé de passer à autre chose.

Cette absence de continuité est troublante et peut être néfaste. Car il faut bien comprendre une chose: le "temps" du client n'est pas celui qu'espère le département marketing. Les clients aiment qu'un produit s'installe, dure. Il y a derrière cela un côté rassurant et la pérennité devrait être une vertu évidente d'un produit de luxe. Malheureusement, les stratégies court-termistes et le déroulement du plan marketing réglé comme du papier à musique empêchent un déroulement plus long et constant des campagnes de communication.


Mais pourquoi je fais cette constatation? Tout simplement parce que les toutes dernières versions de la Polo S (chronographe et trois aiguilles) me semblent être le symbole d'un contraste saisissant entre le lancement de la collection avec tambours, trompettes, ambassadeurs à Brooklyn et la discrétion (pour ne pas dire le silence), avec laquelle elles furent dévoilées.

Pourtant, et c'est le paradoxe, ces deux dernières versions sont pour moi les plus réussies de la collection. J'avais présenté en détails les premiers modèles dans cet article en soulignant leur caractère un peu trop consensuel à mon goût. Les nouvelles Polo S me plaisent bien plus car elles sortent du conformisme inhérent à cette approche esthétique années 70 en reprenant un peu plus de codes Piaget grâce au cadran noir et à la lunette avec un traitement ADLC de la même couleur. Mais l'élément le plus impactant est assurément le bracelet en caoutchouc noir (les montres sont livrées avec un second bracelet en veau). Ce bracelet "casse" le design, met en valeur la forme particulière du boîtier et de la lunette et surtout éloigne ces Polo S de la zone des critiques basées sur la ressemblance avec les Patek Nautilus et Aquanaut.


Comme par hasard, ces deux Polo S deviennent plus passionnantes que leurs devancières car elles apparaissent plus originales, plus audacieuses... plus Piaget sans aucun doute. Elles m'ont ainsi beaucoup plu (surtout le chronographe pour être plus précis) et j'en viens à me demander si Piaget n'aurait pas dû procéder différemment.

En présentant en premier ces deux montres, Piaget aurait pu insister sur l'identité de la marque (la forme de la lunette et du boîtier très "Emperador coussin", la couleur noire qui se retrouvait sur les Polo compliquées, le contraste entre le noir de la lunette et l'acier du boîtier, la petite touche de rouge du bout de la trotteuse etc...) et ainsi souligner le caractère propre de cette collection Polo S. Les modèles à bracelet intégré auraient alors peut-être fait moins l'objet de reproches sur leur inspiration auprès de montres de la concurrence.

Ce que je retiens de cet exemple, c'est qu'une marque doit avant tout s'appuyer sur ses forces et chercher non pas le consensus mais le caractère. Le luxe d'aujourd'hui, qui souhaite s'adresser de la même façon aux clients de New-York, Bangalore ou Paris pousse vers une approche globale et uniforme. Mais cela répond de moins en moins à leurs attentes. Ils veulent maintenant plus de prises de risque, d'audace, de créativité et de personnalité dans les produits qu'ils souhaitent acquérir. Je trouve que Piaget corrige joliment le tir avec ces deux versions, dommage que cela se fasse dans la plus grande des discrétions.

Une réaction suite à un commentaire

Certes, tout ce qui est excessif est insignifiant mais un commentaire, évidemment anonyme, laissé sur le blog me donne l'opportunité de rappeler quelques points.

Le commentaire est le suivant:

Oui un français très agréable à lire mais aussi consensuel que tous les autres blogs...
En substance, toutes les montres sont super...sans trop de défaut.
Le monde des bisounours quoi.
Il ne faut surtout pas mordre la main qui vous nourrit...et il est important de continuer à faire le pique assiette auprès des marques...remises, voyages, goodies etc...les bloggers ne sont intéressés que par ces aspects.

Je pense qu'il est important de remémorer à mon "nouvel" ami que ce blog n'est pas mon activité professionnelle et que c'est la passion pour l'horlogerie qui me guide (et je ne suis pas le seul dans ce cas). Dans ce contexte, je parle de qui je veux, quand je veux et ce, sans aucune pression de qui que ce soit. Compte tenu de mon temps disponible limité, je parle en priorité des montres que j'aime et je ne vais pas perdre du temps sur les nanars que l'industrie nous inflige en grand nombre. 

Les défauts que je soulève sur telle ou telle pièce décrite dans le blog peuvent s'avérer à mes yeux rédhibitoires. Mais encore faut-il prendre le temps de lire le texte pour le comprendre. Je sais qu'aujourd'hui tout le monde zappe, ne s'arrête qu'aux images... mais je veille particulièrement à étayer mes points de vue, qu'ils soient positifs ou négatifs. C'est si simple d'encenser ou de démolir une montre sans explication. Et croyez-moi, une remarque bien construite a plus d'impact que n'importe quel commentaire à l'emporte-pièce.


Enfin, la sempiternelle remarque sur les remises, les goodies, les cocktails finit par lasser. Comme si seulement les blogueurs étaient intéressés par les remises, les cocktails et les goodies. En tant que collectionneur, vous pensez sincèrement que ce sont les cacahouètes, les stylos et les bougies parfumées qui me motivent? Ce qui m'intéresse avant tout, c'est d'aller à la rencontre des acteurs de l'industrie et c'est dans la richesse des échanges que je trouve tout l'intérêt à la pratique de ce blog.

Je profite de l'occasion pour vous demander de bien vouloir m'excuser pour la fréquence plus faible et aléatoire des articles depuis le début de l'année. Les mises à jour sont moins nombreuses suite à une situation indépendante de ma volonté et j'espère pouvoir retrouver ces prochains mois le rythme habituel.

Enfin, j'apporte un conseil à tous ceux qui critiquent derrière leur écran. La meilleure des façons de démontrer que l'on peut faire mieux est de mettre en application ses idées. Alors, créez vos blogs, faites le vivre et peut-être comprendrez-vous que ce n'est pas un exercice aussi simple que cela, surtout sur la durée.

Bien cordialement.

François-Xavier Overstake

IWC: Portofino 5251

Je dois avouer que j'ai assouvi un vieux fantasme il y a quelques mois: faire rentrer dans ma collection l'IWC Portofino 5251. J'ai toujours adoré cette montre, unique en son genre. Tout d'abord, je suis sous le charme des montres à phases de lune sans quantième. Elles ont un je-ne-sais-quoi, en proposant comme unique complication un affichage qui n'est pas utile au quotidien mais qui renforce leur pouvoir de séduction. Et lorsque cette complication est lente et poétique, c'est presque notre relation par rapport au temps qui est transformée.

L'IWC Portofino 5251 occupe une place à part au sein de la catégorie de ces montres pourtant relativement rares. Elle peut même être considérée comme un véritable ovni dans l'histoire d'IWC et pour plusieurs raisons. Elle a joué tout d'abord un rôle important dans l'histoire de la manufacture de Schaffhausen puisqu'elle fut la première Portofino. Même si la collection d'aujourd'hui lui ressemble peu, la Portofino 5251 permit à IWC de se positionner sur un créneau plus raffiné et élégant. La finesse des aiguilles, l'organisation du cadran en émail avec les deux sous-cadrans alignés horizontalement, la finesse de la lunette, le magnifique ciel étoilé du disque de la lune, les cornes étroites et courtes, tous ces points lui donnent un côté très distingué, voire précieux et presque... féminin!


Et pourtant, le diamètre de la montre (46mm) n'évoque pas à proprement parler cette délicatesse. La volonté d'IWC était à travers cette pièce d'avoir une montre de poche... au poignet. L'objectif est atteint car la couleur et l'ouverture du cadran accentuent même la perception de la taille! Le boîtier en or jaune n'en demeure pas moins fin et compte tenu de son diamètre, la Portofino 5251 recrée l'effet oeuf sur le plat. Généralement, je n'aime pas ce déséquilibre des proportions. Mais sur cette montre, cela passe comme par enchantement!

La beauté du cadran est incontestablement un des atouts de la Portofino 5251. Il est épuré et met en valeur le somptueux disque en aventurine sur lequel est positionné la lune. Le spectacle offert par le ciel étoilé ne nous fait même pas regretter la disparition de l'astre le jour de nouvelle lune. L'inscription classique du nom de la marque et de sa ville, en toutes lettres, contribue également à la réussite de ce cadran proche de la perfection. Sa qualité d'exécution est irréprochable et la finesse des chiffres romains se marie idéalement avec les aiguilles. Il était important d'obtenir un tel degré de qualité compte tenu de l'ouverture du cadran dans le contexte d'un boîtier très large: le moindre défaut aurait été immédiatement visible.


L'organisation du cadran spécifique avec les deux sous-cadrans alignés horizontalement est due au fait qu'une rotation de 90 degrés a été appliquée au calibre 9521 animant la Portofino 5251  afin de positionner la couronne à 3 heures. Ce mouvement est assurément le point fort de la montre. Evolution du calibre 95 avec notamment le rajout d'un incabloc et de la complication, il ne cache nullement ses origines des années 20. Ce calibre de montre de poche occupe donc généreusement le boîtier... ou pour être plus précis, le diamètre du boîtier a été défini en fonction de la taille du mouvement. La montre qui est rentrée dans ma collection fait partie de la seconde génération de la 5251 et offre ainsi un fond transparent permettant de profiter de la vue spectaculaire sur le calibre.


Même si la finition décorative n'est pas du niveau d'une montre de haute horlogerie, le calibre propose un véritable festin pour les yeux grâce à sa taille, son architecture, sa finesse (sa hauteur n'est que de 4,15mm), son rendu doré sans oublier le charme inhérent aux mouvements à basse fréquence (2,5hz). Le tic-tac est extrêmement audible et il m'arrive très fréquemment de coller la montre contre l'oreille! La réserve de marche est de 48 heures ce qui oblige à un remontage quotidien. Sur ce point, je touche la principale faiblesse de la montre. La couronne est petite et le remontage n'est pas aisé! Les sensations ne sont pas celles provoquées par une Lange, c'est le moins que l'on puisse dire... mais au bout de l'effort, le réconfort!


Porter la Portofino 5251 procure en effet énormément de plaisir. De façon surprenante, malgré sa taille, elle se pose idéalement sur le poignet. Elle dégage une forte présence au poignet tout en restant raffinée. Et immanquablement, mon regard est attiré à droite, vers le sous-cadran de l'affichage des phases de lune. Le verre Plexiglas contribue également par sa forme à la réussite esthétique de l'ensemble.

L'histoire de cette montre est un peu particulière. Elle fut en effet produite sur une très longue période, du début des années 80 à la fin des années 90. Sa production étant estimée à 10 pièces par an, le nombre total de Portofino 5251 serait inférieur à 200. Sa taille, son style délicat, peut-être en contradiction avec l'image d'IWC ne lui ont pas permis de rencontrer un grand succès commercial pendant ces années de production. Pour être plus direct, peu de clients en voulaient. Et comme c'est souvent le cas dans l'horlogerie, elle est devenue maintenant une des montres IWC les plus recherchées. 


Si elle est le point de départ de la collection Portofino, elle inspira par la suite deux modèles de façon plus directe. Le premier fut la Vintage Portofino Moonphase de 2008 qui se caractérisait par l'orientation verticale des deux sous-cadrans. Même punition qu'avec la 5251: le remontage du mouvement IWC Jones était très délicat compte tenu de la petite couronne. Si IWC a évité le piège de rajouter un guichet de date, j'ai regretté avec cette version l'écriture moderne du nom de la marque. Loin d'avoir le charme de la Portofino 5251, elle n'en demeurait pas moins une montre à phases de lune tout à fait correcte et relativement fidèle à l'esprit de la montre d'origine.

La Vintage Portofino Moonphase de 2008:


La seconde montre est beaucoup plus récente puisqu'elle vient juste d'être présentée lors du dernier SIHH. La Portofino Remontage Manuel Phases de Lune s'éloigne de façon plus nette de la Portofino 5251 puisqu'elle propose un guichet de date et l'affichage de la réserve de marche. Sa grande taille (45mm) et son mouvement à remontage manuel sont des rappels de la source d'inspiration mais on n'est clairement plus dans le même esprit. Ce dernier modèle a toutefois une grande vertu: il est plus facile à vivre au quotidien avec un remontage plus aisé et une réserve de marche de 8 jours. Mais là aussi, le charme de la Portofino 5251 reste incomparable sans oublier la beauté inégalé du mouvement 9521.

La Portofino Remontage Manuel Phases de Lune de 2017:


Toutes les raisons que j'ai exposées font que je suis extrêmement heureux d'être le propriétaire de cette montre si particulière. Elle n'est certes pas dénuée de défauts mais son pouvoir de séduction la rend irrésistible, plus de 35 ans après sa présentation initiale. Elle est devenue une des montres préférées de ma collection.

Je tiens à remercier Guillaume de la boutique ADM Saint-Germain pour la qualité de la transaction.

mercredi 3 mai 2017

Sur la ligne du départ du Tour Auto 2017 avec Zenith

Le Tour Auto 2017 vient de s'achever à Biarritz après une semaine de course qui permit aux concurrents de visiter pour la première fois la Bretagne. Le rassemblement des véhicules sur la ligne de départ au Grand Palais constitue un événement incontournable pour tous les amateurs de véhicules classiques. Au-delà de la beauté du lieu qui met sans aucun doute en valeur les lignes des carrosseries de ces merveilles mécaniques, c'est bien la qualité du plateau qui rend ce rassemblement si particulier et magique. Il permet surtout d'apprécier des véhicules qui vont s'élancer pour une traversée de la France de plusieurs milliers de kilomètres et qui donc sont loin d'être des pièces de musée statiques et sans vie.

Difficile de trouver un plus beau cadre que le Grand Palais pour accueillir les véhicules des participants du Tour Auto!


L'édition 2017 symbolisait la dernière année du partenariat entre Zenith et le Tour Auto. Ce désengagement se ressentait dans l'absence d'une montre spécifique dédiée à cette édition (la montre de 2016 reprenant du service) mais pour le reste, Zenith a veillé à maintenir le même degré d'implication avec un très beau stand dans l'enceinte du Grand Palais lors du départ et surtout la participation de deux voitures sponsorisées par la marque: la Jaguar Type-E de Daniel Spadini et la Porsche 911 de Dominique et Macha Vananty qui termina l'épreuve parmi les 15 premiers du classement général au terme d'une très belle course.

L'événement organisé lors du départ me permit de revoir deux nouveautés importantes de la manufacture qui furent présentées quelques semaines plus tôt à Baselworld ou pendant la semaine du SIHH. Ces deux pièces me semblent être une parfaite représentation du potentiel de Zenith au moment où le nouveau CEO, Julien Tornare,  va conduire la destinée de la marque à compter du 1er mai.

D'un côté, la Zenith Heritage 146 à cadran bleu. Cette montre, inspirée par un modèle des années 60, propose un cadran classique, épuré, raffiné et non dénué d'originalité dans le contexte de l'offre horlogère d'aujourd'hui. Son classicisme est renforcé par l'utilisation d'un boîtier en acier d'un diamètre de 38mm dont le diamètre contenu convient parfaitement au mouvement El Primero 4069. J'aime beaucoup cette montre élégante et équilibrée qui rend hommage au passé de Zenith.

La Zenith Heritage 146 propose un superbe cadran bleu. Elle est également disponible avec un cadran brun:


De l'autre, la Zenith Defy El Primero 21 à boîtier en titane d'un diamètre de 44mm et à cadran ouvert. Elle se distingue par le tout nouveau calibre El Primero 9004, plus grand que le El Primero d'origine et qui permet un chronométrage lisible au centième de seconde grâce à une aiguille centrale de chronographe qui effectue un tour complet du cadran en une seconde.

La Zenith Defy El Primero 21 devant la Porsche de Dominique et Macha Vananty:


De prime abord, tout semble séparer ces deux montres aux styles et tailles quasiment opposés. Et puis très rapidement, nous comprenons qu'elles partagent les mêmes valeurs: l'objectif d'obtenir les meilleures performances chronométriques et une lisibilité optimale des indications du chronographe, l'inspiration du passé (la forme du boîtier de la Defy El Primero 21 rappelle celle d'anciennes Defy) et cette constante volonté d'innover. Le calibre El Primero 9004 de la Defy El Primero 21 témoigne des capacités techniques de la manufacture et fait écho au calibre El Primero traditionnel qui marqua son époque par son affichage au 1/10ième de seconde du chronographe. Les deux montres nous apportent ainsi une indication de ce qu'est la stratégie de Zenith: la star demeure et demeurera toujours le mouvement. Et la marque continuera à s'appuyer sur son histoire non pas pour se plonger dans une contemplation nostalgique mais bien pour relever les défis auxquels elle doit faire face et reprendre sa progression. 

Je vous propose de parcourir quelques photos prises lors de l'événement au Grand Palais.

Dominique et Macha Vananty lors du cocktail sur la ligne de départ. Ils allaient par la suite effectuer une très belle course.


L'événement me donna aussi l'occasion de profiter de la Chronomaster El Primero 38mm à cadran ouvert. Une pièce magnifique qui existe en deux tailles (38 et 42mm) mais c'est la version la plus petite (celle qui est photographiée) qui a ma préférence:



Quelques montures prêtes à s'élancer dès le lendemain aux aurores:







Mais, on ne se refait pas, ma préférée du plateau fut cette superbe Fiat 600:


Et bien entendu, la voiture que je supportais était la Porsche de Dominique et Macha Vananty:


Un dernier wristshot de la Defy El Primero 21 qui fut incontestablement la star de Baselworld pour  Zenith:


Cette video explique pourquoi cette montre se distingua lors du dernier salon. Le comportement de l'aiguille centrale du chronographe est magique! Bien entendu, la montre propose un compteur des secondes situé à 6 heures:



Merci à Zenith France pour l'invitation à ce très bel événement.