dimanche 30 janvier 2011

MB&F: Horological Machine n° 3 "Chocolate Frog"

Je vous avais déjà présenté la Frog en détails dans cet article. Je tenais cependant à revenir très brièvement sur une déclinaison de cette montre: la Chocolate Frog. En effet, cette dernière a la particularité de faire partie des montres célébrant les 10 ans de Purists et très rares sont les exemples de tels partenariats entre un forum horloger et des marques du haut de segment.

La Chocolage Frog est une série limitée de 10 exemplaires vendus en exclusivité sur PuristSPro et qui propose une harmonieuse combinaison de couleurs: le boîtier en titane a un revêtement PVD chocolat qui se marie parfaitement avec le rotor astéro-hache en or rose 22 carats.

Cette combinaison donne un côté à la fois plus chaleureux et plus élégant à la Frog tout en conservant ce qui fait la force de la montre: son originalité, le rotor visible côté "cadran", la forme sensuelle et toute en rondeur des deux dômes. Lorsque la HM3 fut présentée, nous avions eu le sentiment de découvrir une vraie sculpture horlogère, une montre en 3D. Cette base a servi ensuite à la création de la Frog mais également à celle de la JWLRYMACHINE prouvant ainsi le potentiel d'évolution et de transformation de cette Horological Machine.

Côté mouvement, nous retrouvons la base GP et le module d'affichage de l'heure développé avec Jean-Marc Wiederrecht. Comme c'est le cas avec les deux Frog précédentes, la Chocolate Frog est selon moi beaucoup plus lisible que les deux HM3 d'origine: la Starcruiser et la Sidewinder. Détail toujours amusant avec la Frog: lorsque nous la retournons, le fond du boîtier, par la présence des deux systèmes à roulement à billes en céramique, ressemble à une tête de robot.

La Chocolate Frog, grâce à sa combinaison de couleurs particulière s'adresse aux collectionneurs qui recherchent une montre dont la présentation très originale n'altère pas une certaine forme d'élégance.

lundi 24 janvier 2011

De Bethune: DB10 Réédition

Il y a des nouveautés que nous voyons arriver des mois pour ne pas dire des années à l'avance et d'autres qui nous surprennent car totalement imprévisibles. Sans nul doute, la DB10 Réédition fait partie de cette seconde catégorie.

De Bethune, sous l'impulsion de David Zanetta et de Denis Flageollet, est une marque résolument tournée vers l'innovation, une sorte de laboratoire horloger permanent. Et que voyons-nous arriver en ce début d'année 2011? Une réédition d'une montre symbolisant les débuts de la marque. Voilà qui est plus que surprenant pour ne pas dire même opposé de l'état d'esprit habituel du duo Zanetta&Flageollet. Mais voilà: le tout nouveau CEO de la marque, Pierre Jacques, a mis son grain de sel et a soutenu ce projet qui consiste à proposer, à travers cette réédition en série limitée, une De Bethune à un prix plus abordable.

S'il s'était s'agit d'un clone, la démarche aurait eu peu de sens pour De Bethune. Fort heureusement, la DB10 Réédition se distingue du modèle d'origine pour deux raisons:
  • une complication a été rajoutée, l'affichage du quantième par aiguille
  • et surtout: la Réédition utilise le calibre automatique de manufacture.
En effet, la première DB10 utilisait un calibre Anton Schild que Denis Flageollet avait retravaillé pour notamment fiabiliser le mécanisme de remontage automatique. Une fois réglé, ce calibre était un vrai tracteur. Pour la réédition, De Bethune est parti de son calibre automatique à 6 jours de réserve de marche, le DB2024, duquel ont été retirés les éléments brevetés pour contenir les coûts: exit donc le balancier en titane&platine et le triple pare-chute. Malgré ces retraits, le calibre qui équipe le DB10 Réédition reste un magnifique mouvement, au diamètre généreux, à la présentation originale et qui possède son propre intérêt grâce au système de réglage de la raquette en colimaçon, comme un clin d'oeil à de vieilles et rares montres de poche. Inutile de vous préciser que la présence d'un tel système sur une montre contemporaine est on ne peut plus inhabituel.

Côté cadran, nous retrouvons avec grand plaisir les guillochages originaux de la DB10. Deux types de guillochage cohabitent avec bonheur: le central en rayons de soleil contraste avec subtilité avec celui, au motif différent, situé autour de la minuterie. Si nous rajoutons que les chiffres sont peints en trois couches (comme de tradition chez De Bethune afin de leur donner un subtil relief), nous obtenons un cadran absolument magnifique qui met en exergue les aiguilles en acier bleui. Seule l'aiguille de la date prend la couleur du boîtier. L'emplacement de la graduation des quantièmes n'est certes pas idéal du point de vue pratique (les deux aiguilles principales peuvent cacher l'aiguille de la date) mais qu'importe. Cette graduation s'intègre parfaitement sur le cadran et contribue à la réussite esthétique de l'ensemble.

Le boîtier est strictement identique à celui de la DB10 d'origine. C'est le boîtier caractéristique des premières années de la marque qui se reconnaît au premier coup d'oeil grâce aux cornes en obus que nous retrouvons sur la DB15 (4 cornes) ou sur la DBS ou Digitale (2 cornes). Son diamètre de 42mm peut sembler imposant pour une montre qui se veut élégante mais il est finalement idéal car mettant en valeur la beauté du cadran. De plus, les cornes étant courtes, la montre reste très confortable toute en proposant une large ouverture de cadran... pour notre plus grand plaisir!

Incontestablement, cette surprenante réédition de la DB10 est une réussite. De Bethune ne s'est pas contenté de "recopier" le modèle d'origine mais l'a magnifié. La DB10 Réédition corrige même deux reproches qui avaient été faits à la DB25 cadran argent: le cadran est ici animé par la présence de la grande trotteuse et le calibre, ici dans une livrée plus traditionnelle, contraste moins avec l'aspect classique du cadran. La montre est donc belle, cohérente, terriblement séduisante... mais hélas proposée dans une série limitée de 50 pièces: 20 en or rose, 20 en or gris et 10 en platine. Avis aux amateurs d'horlogerie indépendante qui sait allier innovation et classicisme:il n'y en aura pas pour tout le monde!

Un grand merci à l'équipe De Bethune pour leur accueil chaleureux à l'hôtel des Bergues pendant le SIHH 2011.

dimanche 23 janvier 2011

Lange & Söhne: Saxonia Thin

Au cours du SIHH 2011, Lange a dévoilé une toute nouvelle collection Saxonia qui constitue la porte d'entrée dans l'univers de la manufacture saxonne. Cette collection est dorénavant composée d'une Saxonia à remontage manuel qui diffère peu du modèle précédent, d'une Saxonia automatique, d'une Saxonia Dual Time et de cette Saxonia Thin.

J'ai souhaité en effet parler de ce modèle en premier pour plusieurs raisons. La première raison est qu'il s'inscrit dans une tendance observée au cours du SIHH: le grand retour de la montre fine et élégante. La deuxième est que le cadran atteint un niveau de dépouillement rarement sur une Lange (aucune indication des minutes, pas de trotteuse). La troisième est que la montre est équipée d'un tout nouveau calibre à remontage manuel.

Ce SIHH 2011 fut un peu paradoxal pour Lange: le nombre de nouveautés fut sensiblement inférieur à celui du SIHH précédent alors que concrètement, 5 nouveaux calibres, tous utilisant le spiral maison, furent dévoilés.

Le calibre L093.1 est donc lui aussi pourvu de ce spiral: l'intérêt de ce mouvement d'une fréquence de 3 hz est sa réserve de marche de 3 jours qui permet de laisser la montre le week-end et de la récupérer le lundi sans avoir besoin de la remettre à l'heure. Son épaisseur contenue (2,9mm) a donné la possibilité à Lange de le loger dans un boîtier de 5,9mm de hauteur.

Nous pouvions craindre le syndrome de l'oeuf sur le plat qui caractérise les montres à la fois fines et au diamètre imposant. Malgré son diamètre de 40mm, nous ne ressentons pas cet effet avec la Saxonia Thin. Tout d'abord, la lunette, malgré son amincissement par rapport aux modèles Saxonia précédents et le rehaut contiennent quelque peu l'ouverture du cadran. Ensuite, les cornes ont été travaillées pour mieux épouser le poignet et adoucir le dessin du boîtier. Enfin, les index ne manquent pas d'originalité, ressemblant à des points d'exclamation: ils donnent le côté original à la montre et se passent sans difficulté de l'absence de graduation des minutes.

Une autre particularité de cette Saxonia Thin est d'avoir été présentée en or rose uniquement. Les deux aiguilles sont en harmonie avec le boîtier et dessinent le temps d'une très belle façon sur le cadran en argent.

Certains pourront reprocher à cette montre d'avoir un cadran peu animé du fait de l'absence de la trotteuse: je le trouve particulièrement élégant et son côté épuré lui confère une certaine intemporalité.

Je fus donc très séduit par cette Saxonia Thin qui symbolise un virage esthétique pour Lange. Certes, ce n'est pas une révolution mais les petits détails ici et là (la finesse de la lunette, la forme des cornes) cassent légèrement le côté germanique de la marque sans en perdre ses principaux atouts à savoir une qualité de l'exécution sans faille et un mouvement qui se révèle à l'usage extrêmement agréable grâce à la douceur de son remontage.

dimanche 9 janvier 2011

Harry Winston: Opus 7

La collection Opus chez Harry Winston a pour but, à travers le partenariat avec un jeune talent, de proposer des montres exclusives et innovantes apportant leurs pierres à l'édifice horloger.

C'est la raison pour laquelle lorsque l'horloger est choisi par Harry Winston, c'est à la fois une sorte de consécration, une reconnaissance de son talent et de son potentiel mais c'est également un sacré challenge. Immanquablement, sa création sera scrutée, analysée et comparée avec les Opus précédentes même si elle n'a aucun point commun avec elles!

Harry Winston choisit Andreas Strehler en 2006 pour concevoir l'Opus 7. Il faut dire qu'à l'époque son cv était déjà particulièrement rempli: après ses premières armes effectuées chez Renaud&Papi où il a pu côtoyer Giulio Papi, Robert Greubel et Stephen Forsey, Andreas Strehler choisit de travailler pour son compte. Il put ainsi être impliqué sur des projets très divers dont le plus connu fut sa participation à la création des calibres exclusifs pour la renaissance de la marque Moser.

Quelles sont les idées mises en avant par Andreas Strehler en avant en développant l'Opus 7?

Il a souhaité:
  • en partant d'une feuille blanche, imaginer non pas une montre telle que nous l'entendons traditionnellement mais un mécanisme qui donnerait l'heure et qui serait une réussite esthétique en lui-même,
  • que ce mécanisme soit visible et non caché derrière un cadran,
  • inventer un nouveau système d'affichage du temps.
Lorsque fut demandé à Andreas Strehler quel serait le mot qui pourrait définir l'Opus 7, il répondit: "Papillon"... et nous allons voir pourquoi.

L'Opus 7 fut présentée en 2007 dans le cadre d'une série limitée de 50 exemplaires. Elle fait partie de ces très rares montres où lorsque nous l'examinons en photo, nous ne sommes pas capables de lire l'heure complète. En effet, le système d'affichage du temps est fondé sur le principe de l'affichage alternatif des données. Cela veut dire que la montre est capable d'afficher les heures, les minutes et la réserve de marche... mais pas en même temps. Comment cela fonctionne-t-il?

Les chiffres à lire sont indiqués sur le disque noir à deux heures. 2 rangées de chiffres y sont apposés. Les chiffres en superluminova gris, allant de 1 à 12 servent à indiquer les heures. Les chiffres en superluminova bleu, allant de 05 à 60 sont utilisés pour l'affichage des minutes et de la réserve de marche. Une flèche à gauche du disque pointe vers le chiffre à lire et indique la nature de la donnée à lire. Si cette flèche est grise avec un H dessus (comme c'est le cas sur les photos), elle indique les heures. Si la flèche est bleue avec un M, elle indique les minutes. Si elle est bleue avec un R, elle indique la réserve de marche. Le passage d'un mode d'affichage à l'autre s'effectue en appuyant sur la gâchette qui actionne un poussoir situé dans la couronne. Si la montre est en mode "heures", vous devez donc appuyer une fois pour lire les minutes. Vous choisissez ainsi quel est le mode que vous préférez avoir en permanence.

Lorsque nous examinons cette Opus 7 dans sa globalité, deux détails nous sautent aux yeux: le premier est évidemment la gâchette et le deuxième est l'immense et à la fois délicat pont principal du mouvement. Ce pont dessine un superbe papillon d'inspiration Art Nouveau sur le cadran: le mouvement n'est pas décoré. Le mouvement est la décoration et c'est toute la particularité de cette montre. Dans cette volonté de présenter un mécanisme le plus réussi esthétiquement parlant, Andreas Strehler a choisi la voie de sobriété pour mettre en avant les courbes dessinées par les ponts. De fait, il a supprimé la roue des secondes et élargi de façon spectaculaire la roue bleue des heures. Le diamètre de cette dernière est tout bonnement impressionnant et, afin de l'alléger, Andreas Strehler l'a évidée et utilisé 3 arches pour la maintenir. La roue intermédiaire est en gris afin de contraster avec la roue des heures. En fait, c'est toute l'architecture classique des mouvements qui a été repensée afin de proposer cette présentation originale.

Un exemple de balcon Art Nouveau à Barcelone (Cases Ramos):

La platine principale est en noir afin d'offrir un contraste suffisant pour apprécier à sa juste valeur la présentation du mouvement et pour en distinguer chaque élément. A travers le gris, le bleu, le noir, Andreas Strehler a utilisé une palette de couleurs que nous retrouvons d'ailleurs dans la collection Zalium de Harry Winston.

L'originalité est également de mise lorsque nous retournons la montre. Que ce soit la forme des pièces, du pont du balancier, l'animation du mouvement lorsque la gâchette est pressée, tout est sujet à surprise. Andreas Strehler a fait le choix d'un mouvement à basse fréquence (2,5hz) et, en travaillant à la réduction des frictions et des pertes d'énergie, a optimisé la réserve de marche à 60 heures. Il s'est engagé sur la stabilité de la précision pendant toute cette durée et afin que la montre ne rentre pas dans la traditionnelle zone de turbulence lorsque la réserve de marche s'épuise, l'Opus 7 s'arrête à la soixantième heure de fonctionnement.

La finition du mouvement est sans défaut mais de nouveau, l'objectif de la montre n'est pas de dévoiler des décorations spectaculaires. C'est le mouvement en lui-même qui crée le contexte décoratif. C'est évident côté cadran, cela l'est aussi au verso de la montre.

Pour loger une telle roue des heures, pour caser un tel diamètre de calibre (37,6mm !), seul un boîtier (en or gris rhodié) de taille significative pouvait être utilisé. L'Opus 7 est imposante (45mm de diamètre et 14,9mm d'épaisseur) mais ce gabarit est totalement en cohérence avec ce qu'a voulu Andreas Strehler: offrir une scène propice au jeu des rouages.

C'est lorsque nous mettons l'Opus 7 au poignet que nous comprenons tout l'intérêt de la gâchette par rapport au poussoir classique: elle est beaucoup plus pratique à utiliser car... elle doit l'être très fréquemment!

Inutile de le nier: l'Opus 7 est une montre déroutante. En fait, elle nous oblige presque à mener une réflexion sur le temps qui passe. En restant sur l'affichage des heures, le temps semble suspendu... il s'accélère lorsque nous passons à l'affichage des minutes. En position réserve de marche, elle perd même son statut de montre devenant pur objet mécanique!

Parmi tous les affichages originaux de l'heure qui sont apparus ces dernières années, celui de l'Opus 7 reste peut-être le plus difficile à aborder. Cela n'a certes pas favorisé le succès de la montre. Il n'en demeure pas moins qu'elle a confirmé tout le talent d'Andreas Strehler et qu'elle a marqué les esprits par la relation particulière avec le temps qu'elle procure. Cette Opus 7 est un vrai OVNI horloger et pas une montre à l'originalité de façade: elle a donc toute sa place dans la collection Opus apportant au même titre qu'une Opus 3 ou une Opus 5 une nouvelle dimension à l'art horloger. Andreas Strehler a ensuite poursuivi sa démarche à travers sa propre montre qui porte logiquement le nom de "Papillon".

Un grand merci à l'équipe de la boutique Montres Prestige à Genève.

mardi 4 janvier 2011

Glashütte Original: Panomatic Counter XL

Pour bien démarrer l'année, j'ai envie de vous parler d'une montre qui comporte une complication originale: un compteur. Mais il s'agit d'un compteur très spécial dans le sens où il n'est lié à aucune autre fonction. Il est totalement indépendant et donc le propriétaire de la montre peut l'utiliser comme bon lui semble. Cette montre est la Panomatic Counter XL de Glashütte Original.

Nous connaissons Glashütte Original, l'autre grande manufacture saxonne pour sa capacité à présenter une grande date de très belle facture dont les deux chiffres se trouvent à même hauteur. Glashütte Original a utilisé cette expérience pour développer le compteur dont la plage de numéros va de 00 à 99. Bien entendu, le compteur nécessite une roue des dizaines plus importante et un mécanisme particulier permettant de l'avancer ou de le reculer. Vous pouvez l'utiliser comme compte à rebours en fixant le nombre de départ, le poussoir du bas servant à déduire une unité, celui du milieu à en rajouter une tandis que le poussoir supérieur sert à la mise à zéro. Attention donc à l'ordre de ces poussoirs! Cependant, pour éviter toute confusion, Glashütte Original a inscrit les fonctions sur la lunette (c'est le cas également pour les poussoirs du chronographe). Afin de bien distinguer le compteur situé à gauche du cadran de la grande date à droite, ses chiffres sont affichés en rouge tandis que toutes les autres fonctions liées à la mesure du temps sont en blanc. Le mécanisme propre du compteur nécessite 217 sur 584 pièces du mouvement traduisant ainsi sa complexité.

La Panomatic Counter XL n'est bien entendu pas uniquement une montre avec un compteur indépendant: c'est également et surtout un chronographe flyback à la présentation pour le moins originale. Imaginez un chronographe mettant en avant l'affichage des secondes. Cette mise en avant s'entend au sens premier: la graduation des secondes du chronographe est située au dessus des autres éléments du cadran survolant les sous-compteurs et l'indication du temps. Cela donne un aspect pour le moins insolite à la montre et non dénué de charme.

Cette grande graduation supérieure entraîne cependant quelques soucis mineurs. Tout d'abord elle masque légèrement le secteur dédié à l'affichage de l'heure. La montre reste très lisible mais il existe une petite "zone d'incertitude" où nous n'arrivons pas à lire avec précision les minutes. Elle masque ensuite les deux sous-compteurs supérieurs. Pour la trotteuse, ce n'est guère problématique. Cela l'est un peu plus pour le compteur des minutes du chronographe. Compte tenu de l'endroit où la graduation supérieure coupe les sous-compteurs, Glashütte Original a pris la décision de décaler de 60° leurs zéros. Ce décalage nécessite une période d'accoutumance pour la lecture des minutes écoulées.

Tout comme les poussoirs du compteur, les poussoirs du chronographe ont un ordonnancement particulier. Le poussoir inférieur est dédié au démarrage et à l'arrêt du chrono tandis que le poussoir supérieur est dédié au flyback&retour à zéro. Là encore, attention à ne pas se mélanger les pinceaux.

Le mouvement automatique utilisé par la Panomatic Counter XL est le 96-01 qui dérive en fait du 95. Il s'agit d'un mouvement entièrement manufacturé et d'une réserve de marche autour de 42 heures. Sa présentation est typique du style allemand: vis bleuies, col de cygne, coq du balancier gravé etc... Il est clairement divisé en deux parties: la partie supérieure est ouverte et permet d'apprécier une très belle profondeur et la roue à colonne à 12 heures. La partie inférieure est majoritairement occupée par la platine. Le rotor est ajouré et porte le logo de la marque en or. Même s'il ne dégage pas le même sentiment de perfection que celui d'un mouvement chronographe Lange, il n'en demeure pas moins que le 96-01 est un des mouvements les plus aboutis du marché. Sa présentation est classique mais sa fréquence est plus élevée que celui de Lange (4hz contre 2,5hz pour le Datograph ou le chronograph 1815) et les poussoirs sont très agréables à utiliser même si je les trouve un poil trop doux.

Dans le nom de la montre, se trouve l'appellation "XL" et on pouvait craindre le pire! La montre est, il est vrai, massive: 44mm de diamètre et 16mm d'épaisseur. Cependant, grâce à la présentation équilibrée et symétrique de son cadran, au diamètre de son mouvement (32mm), à la forme des cornes, la montre reste agréable à porter même si elle ne s'oublie pas au poignet. Glashütte Original a fait le choix d'utiliser un boîtier en acier. C'est une bonne nouvelle à double titre. La première raison est que le prix de la montre devient attractif (toute proportion gardée) pour un tel contenu horloger. La deuxième raison est que l'acier est totalement cohérent avec l'esprit de la montre qui navigue plus dans le sport chic que dans la pure élégance: les chiffres rouges du compteur, la complication en elle-même, le style du cadran donnent un côté moins formel et fort agréable.

Cette Panomatic Counter XL m'a donc fortement séduit. Originale tout en restant raisonnable, au beau contenu horloger, elle occupe une place à part dans le paysage horloger car finalement, nous ne trouvons pas de montre vraiment équivalente combinant mouvement de grande qualité, boîtier en acier et complication insolite.

dimanche 2 janvier 2011

Très bonne année 2011 !

L'année 2011 vient à peine de débuter et déjà le SIHH se profile. L'actualité horlogère est comme les aiguilles d'une montre: elle ne cesse de tourner! Déjà nous voyons poindre quelques tendances comme celle de la complication Dual Timezone permettant de gérer des décalages différents des heures pleines. 2 marques du SIHH vont y présenter des montres de ce type sans oublier Blancpain qui en plein mois de décembre nous offre un communiqué de presse pré-salon de Bâle! Cela indique bien la volonté des marques d'occuper le terrain toute l'année durant et pas uniquement pendant les salons. Gageons que les nouveautés présentées hors salons représenteront une part croissante.

A travers mon blog, je ne souhaite pas vous bombarder de communiqués de presse: nous les trouvons sans difficulté par ailleurs et cet exercice présente peu d'intérêt sans y apporter de la substance derrière. En 2011, je fonctionnerai comme les autres années à savoir que je ne vous parlerai que de montres que j'ai pu voir et photographier. Comment en effet vous transmettre mes impressions sur une montre que je n'aurais pas vue? C'est la raison pour laquelle je ne colle pas forcément à l'actualité: c'est en fonction des rencontres, des opportunités qui me sont données que je choisis les montres qui sont présentées dans le blog. Le fil conducteur reste ma volonté de mettre en avant des montres qui comportent toujours un détail les faisant sortir du lot.

Chers lecteurs, je vous adresse ainsi qu'à tous vos proches, tous mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année, qu'elle vous apporte santé, bonheur, prospérité et de belles montres au poignet!