mardi 27 avril 2010

Swatch: Diaphane One Turning Gold

Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de vous parler d'une Swatch. Alors, vous allez me dire qu'une Swatch ne correspond pas vraiment à la ligne éditoriale de ce blog. Mais est-ce possible d'animer un blog horloger sans parler à un moment où à un autre de Swatch? Après tout, que serait aujourd'hui l'industrie horlogère suisse sans cette montre en plastique qui est apparu en 1983? N'a-t-elle pas favorisé non plus la résurrection de la montre mécanique en la positionnant dans le haut de gamme horloger?

Cependant, la Swatch que je vous présente n'est pas une Swatch comme une autre. Elle n'est pas à quartz mais utilise un mouvement à remontage manuel. Mais ce mouvement n'est pas quelconque. Il possède même une caractéristique qui est, à ma connaissance, unique dans l'univers horloger: l'organe réglant de la montre effectue deux rotations complètes de cadran par heure. Imaginez une sorte de Freak d'Ulysse Nardin se retrouvant dans un contexte Swatch et vous obtenez la Diaphane One Turning Gold.


Mais pourquoi Turning Gold? Tout simplement parce que la lunette, le rehaut (sur lequel est gravé le numéro de la montre) et la couronne sont en or rose... et que cette expression fait référence au chemin que parcourt cette Swatch, du segment des montres d'entrée de gamme à l'univers de l'horlogerie de luxe. En fait, cette montre est un concentré de paradoxes et d'ironie:
  • le boîtier mélange or et plastique
  • le mouvement, semi-squeletté est finement décoré comme un pied de nez à la haute horlogerie
  • la lunette, le boîtier, les aiguilles rappellent bien qu'il s'agit d'une Swatch... mais son prix de vente lorsqu'elle était commercialisée n'était pas habituel: 7.700 francs suisses.
L'intérêt de cette montre ne consiste pas uniquement en cette espèce de "transgression". Le travail horloger sur le mouvement est en effet fort intéressant. Intéressant par ses décorations: le semi-squelettage côté cadran donne volume et profondeur tandis que l'originalité du verso dénote la qualité du travail. Mais intéressant aussi et surtout par les caractéristiques techniques de ce mouvement grâce à ces deux rotations de cadran par heure de l'organe réglant. Inutile de vous préciser que c'est un vrai plaisir de voir les différentes positions de cet organe au fil du temps et sa lente révolution... pour les plus patients.


Un autre aspect original de cette montre est son poids. Pour une Swatch, il surprend. Elle est bien entendu plus lourde du fait de l'utilisation de l'or rose et du mouvement mécanique mais ce sentiment est accentué par le fait qu'il est essentiellement concentré dans une partie de la montre. Le contraste plastique & or se ressent donc aussi au poignet et pas seulement visuellement!

Cette Diaphane One Turning Gold est donc un véritable ovni voire un oxymore horloger: une Swatch de luxe... La montre photographiée fait partie de ces 100 Diaphane Turning Gold qui furent commercialisées début 2007. Elle a connu une descendance avec la Turn 2 Her (50 exemplaires avec une lunette sertie) et la Turn 2 Him (130 exemplaires à lunette en or gris) qui furent présentées fin 2008 et qui se distinguaient de la Turning Gold par la forme particulière des aiguilles.

Un grand merci à l'ami qui possède cette montre et qui a eu la gentillesse de me la présenter.

lundi 26 avril 2010

Lange & Söhne: Saxonia Calendrier Annuel

Parmi les nouveautés dévoilées par Lange lors du SIHH 2010, la Saxonia Calendrier Annuel se distingue car présentant une toute nouvelle complication pour la manufacture saxonne.

Grâce à la simplicité et à la rigueur de l'organisation de son cadran, la Saxonia Calendrier Annuel séduit par son style tout en retenue et en subtilité qui met en valeur la grande date à 12 heures ce qui, compte tenue de la complication, est particulièrement indiqué. Format des aiguilles, index, affichage de la phase de lune, pas de doute: la nouvelle complication a bien été conçue en respectant les traits caractéristiques de Lange.

Le sentiment qui prédomine lorsque nous voyons cette Saxonia est celui de l'équilibre: les registres ont tous la même taille, le boîtier a le diamètre idéal (38,5mm) pour le calibre.

Par rapport à la Langematik Perpetuelle, la Saxonia a, bien évidemment, moins d'information à afficher comme l'année bissextile ou l'affichage de l'heure sur 24 heures. La conséquence de cette simplification est que le cadran "respire" mieux et ce d'autant plus que les chiffres romains et le chemin de fer ont disparu comme la ligne Saxonia l'exige. Dans le même souci d'allègement, seul les mois pairs sont écrits. Autre différence esthétique par rapport à la Langematik Perpetuelle: les aiguilles ne sont pas luminescentes.

Le calibre qui équipe la Saxonia Calendrier Annuel est le L085.1 Sax-O-Mat. Ce calibre à rotor trois-quarts a une fréquence de 3hz, une réserve de marche de 46 heures et comme tous les Sax-O-Mat, active le zero-reset lorsque la couronne est tirée. L'indicateur de phases de lune ne nécessite qu'une correction tous les 122 ans.

Comme de coutume, le rotor est alourdi par une masse périphérique en platine. La décoration et les finitions du calibre sont dans la tradition de Lange (c'est-à-dire du domaine de l'excellence) et contraste avec la relative austérité du cadran:

Grâce à sa taille idéale, son épaisseur contenue (9,8mm), l'équilibre et l'ouverture du cadran, la Saxonia dégage une belle harmonie au poignet:

La Saxonia Calendrier Annuel est déclinée en deux versions: or gris et or rose, les matériaux utilisés pour les aiguilles et la phase de lune s'adaptant en fonction afin de maintenir la cohérence du design.


Cette montre est pour moi une très belle réalisation de la part de Lange. Alors que la collection Saxonia n'est pas ma préférée car lui trouvant un manque de caractère par rapport, par exemple, aux 1815, Lange a su tirer partie de la simplicité de la présentation de cette collection pour dessiner une montre très équilibrée et dont l'esthétique est bien mise au service de la complication: en mettant en avant la grande date, Lange rappelle tout l'intérêt du Calendrier Annuel qui ne nécessite qu'une seule correction de date le 1er mars. Mon seul regret consiste en la réserve de marche que je trouve un peu courte pour une complication de type calendrier. Mais cela ne nuit nullement à la qualité générale de cette montre.

dimanche 25 avril 2010

Patek Philippe: 5170J

Sans aucun doute, le chronographe 5170J fut une des stars du Salon de Bâle 2010. En effet, cette montre était très attendue car étant le premier chronographe pour homme à profiter du tout nouveau calibre de manufacture de Patek, le CH 29-535 PS, ce calibre ayant déjà été utilisé dans le cadre du chronographe pour femme 7071.

Le 5170J a surpris lors de sa présentation par le contraste qu'il provoque par rapport au précédent chronographe à remontage manuel, le 5070. Nous ne sommes clairement pas dans une évolution de ce dernier, le 5170J tranche avec son prédécesseur par sa taille plus contenue, sa finesse et surtout son style clairement inspiré du passé et des chronographes des années 40 et 50.

Grâce à un rapport diamètre du calibre (près de 30mm) / diamètre du boîtier (39mm) tout à fait satisfaisant, le 5170J présente un bel équilibre même si je regrette que les compteurs coupent légèrement la graduation. Autre différence par rapport au 5070: l'échelle tachymétrique est ici remplacée par une échelle pulsométrique déterminée sur une base de 15 pulsations.

Le cadran est donc extrêmement classique, trop peut-être pour ceux qui auraient apprécié un peu plus d'audace. Son exécution est sans faille et les index et chiffres romains apportent du relief. La couleur de la trotteuse du chronographe tranche également, Patek ayant souhaité utiliser des codes couleurs différents entre les fonctions du chronographe et l'affichage de l'heure.

Le grand atout du 5170J provient des performances du calibre CH 29-535 PS. Grâce à l'expérience acquise lors des travaux et modifications effectués sur le calibre Lemania, Patek a su développer un calibre entièrement nouveau aux spécificités fort intéressantes. Sa fréquence est ainsi de 4 hz (le CH 27-70 basé sur le Lemania a une fréquence de 2,5hz), sa réserve de marche de 65 heures et il propose un compteur des minutes à saut instantané. Sa finesse (5,35mm) contribue à l'élégance du boîtier. Vous noterez, bien entendu, l'utilisation du poinçon Patek Philippe en lieu et place du poinçon de Genève. Mais toujours dans le respect des critères de ce dernier, la roue à colonne est masquée. La finition est irréprochable à savoir raffinée et discrète dans la pure tradition de Patek:

Le sentiment d'équilibre prédomine évidemment lorsque nous mettons la montre au poignet: le diamètre est idéal dans un contexte de montre habillée et les compteurs sont suffisamment éloignés du centre pour éviter les effets de "montre qui louche" propres aux chronographes qui utilisent des calibres trop petits pour leurs boîtiers.

Le chronographe 5170J est donc une belle réalisation de la part de Patek Philippe. Son élégance et les performances de son calibre le rendent très séduisant. Bien évidemment, nous pouvons regretter l'absence de prise de risque en terme esthétique et le sentiment, finalement, que cette montre a été dessinée il y a 60 ans (sentiment renforcé par le boîtier uniquement disponible en or jaune). Le chronographe 5070 n'était pas exempt de reproches mais il présentait peut-être un caractère plus affirmé que celui-ci. Malgré cela, les atouts bien réels du 5170J le positionne déjà parmi les références des chronographes à remontage manuel de haute horlogerie.

jeudi 22 avril 2010

Patek Philippe: 5205G

Incontestablement, l'année 2010 est celle des Quantièmes Annuels chez Patek Philippe. En effet, la marque a profité du salon de Bâle pour présenter plusieurs modèles, tous très différents les uns des autres, comportant cette complication.

La 5205G fait partie de ces montres et je la considère comme une des plus belles nouveautés de cette année.

En effet, la 5205G répond à un de mes vieux souhaits secrets: celui qui consistait à retrouver l'organisation du cadran de la Gondolo QA dans un boîtier plus à mon goût. Mais le travail de Patek Philippe ne s'est pas seulement résumé à placer le mouvement de cette Gondolo dans un boîtier rond: c'est tout un travail esthétique qui a été mené afin de donner du volume, de l'élégance et de la légèreté à cette montre.

Le volume provient de la lunette concave du boîtier, l'élégance de l'harmonie des couleurs et la légèreté des cornes ajourées.

Les cornes ajourées fluidifient le dessin:


Les informations sont clairement réparties sur le cadran: le quantième, le jour et le mois par le biais de guichets en éventail dans la partie supérieure, les phases de lune et l'indication 24 heures dans le registre inférieur. Les couleurs sont toutes en subtilité, seule la trotteuse blanche contraste un peu afin de casser la présentation classique de la montre et de lui donner une petite touche sportive.

Le boîtier, d'un diamètre de 40mm, est uniquement, pour l'instant, disponible en or gris. En revanche, le cadran deux tons l'est en deux versions: rhodium et gris argenté, noir mat et gris ardoise. Au départ, ma version préférée fut cette dernière, après avoir vu les deux montres, mon choix est moins évident, chacune ayant son charme.

Les deux versions de la 5205G:

Côté mouvement, pas de surprise: nous retrouvons le calibre 324 S QA LU 24H d'une fréquence de 4hz, d'une réserve de marche de 45 heures et au balancier Gyromax. Sa décoration est simple et raffinée.

L'équilibre général de la montre se ressent évidemment au poignet: la taille est idéale me concernant, l'ouverture du cadran maîtrisée, les informations lisibles sans difficulté.

La 5205G est donc une réussite et une montre pleine de charme. La difficulté la concernant est finalement de savoir quelle version est la plus désirable. Je n'ai toujours pas tranché la question!

lundi 5 avril 2010

Urwerk: UR-203

Lors de la présentation organisée au Four Seasons de Genève pendant le SIHH 2010, Urwerk a dévoilé un nouveau modèle: l'UR-203.

De prime abord, cette édition limitée de 20 pièces semble très similaire à la 202: même système d'indication de l'heure, même type de boîtier. Mais c'est en l'observant de plus près que les différences apparaissent.

En effet, rapidement, nous nous rendons compte qu'un travail de squelettage a été effectué sur certaines pièces. L'exemple le plus frappant est celui des pièces centrales du mécanisme d'affichage de l'heure, le carrousel et les transporteurs qui servent de support aux plots et aiguilles (en fait les satellites des heures) et permettent la rotation autour du cadran, la rotation des plots sur eux-même et l'animation des aiguilles. De même la graduation des minutes a subi le même traitement. Au delà de l'intérêt esthétique, cela conduit à un allégement significatif de ces pièces (de 65%) et donc réduit l'énergie nécessaire à leur mise en mouvement.

Le carrousel et les transporteurs de l'UR-203:

Côté mouvement, la base du calibre qui sert à animer tout ce système reste le GP3100 déjà utilisé pour l'UR-202.

La lecture de l'heure s'effectue de la même façon qu'avec toutes les 20x d'Urwerk: l'aiguille suit la graduation des minutes de la droite vers la gauche, la face visible du plot indique les heures. Il est ainsi 7h34 sur la photo ci-après:

Le cadran comporte deux fonctions supplémentaires: un "odomètre horloger", déjà présent sur l'UR-202, qui indique le nombre d'année de marche totale du mouvement et l'"oil change" qui signale au propriétaire de la montre que le temps de la révision est arrivé (prévue tous les 3 ans).

A l'arrière de la montre, nous retrouvons les turbines déjà utilisées avec l'UR-202: rappelons que ces turbines ont un rôle important dans le fonctionnement de la montre. Couplées à la masse oscillante, elles permettent de régler la force de bridage du remontage. En position "free", les turbines tournent sans contrainte et le remontage est alors optimal. En position "sport", elles freinent le remontage et en position "stop", elles sont à l'arrêt et bloquent la masse oscillante: la montre devient alors une montre à remontage manuel. Dans le contexte de l'UR-203, elles ont été également retravaillées et allégées.

Au poignet, le poids de la montre se ressent: le boîtier en platine noir (grâce au traitement PE-CVD est volumineux (45.7mm X 43.5mm X 15mm) mais la montre s'est bien positionnée sur mon poignet. Cela est notamment dû à la pièce de bout qui peut être rajoutée à la demande et que vous voyez photo suivante au-dessus de la couronne:

Il est important de bien ajuster la montre au poignet. Le poids n'est pas également réparti du fait de la forme particulière du boîtier, la montre pourrait alors trop bouger en cas de mauvais positionnement.

Grâce aux finitions particulières des pièces, l'UR-203 renouvelle le style de l'UR-202 et optimise l'utilisation de la puissance délivrée par le calibre. En soit, cela constitue une réussite. Cependant, je ne la trouve pas assez en rupture par rapport à sa devancière et surtout les deux complications additionnelles, l'"odomètre horloger" et l'"oil change", sont, à mon avis, des complications peu passionnantes et très statiques. J'aurais préféré à ce niveau-là, une complication plus amusante, moins redondante, pour relever le caractère de cette UR-203 et la différencier plus de l'UR-202.

dimanche 4 avril 2010

Montblanc: Chronographe Vintage

Le Chronographe Vintage fut présenté par Montblanc lors du SIHH 2010. Ce chronographe est peut-être ma montre préférée de la collection Villeret 1858 de Montblanc.

Comme toutes les montres de cette collection, elle émane donc de l'Institut Minerva de Recherche en Haute Horlogerie qui fut créée en 2007 lorsque Montblanc acquit Minerva.

Le principe de la Manufacture, sous l'impulsion du maître-horloger Demetrio Cabiddu est de concevoir des montres de très grande qualité dans la plus pure tradition horlogère. Ainsi, un soin particulier est apporté à chaque détail. Par exemple, toutes les pièces du calibre sont en maillechort, le laiton n'étant pas utilisé. La construction de l'organe réglant de la montre suit un processus respectueux des méthodes traditionnelles: le spiral est fabriqué au sein de la Manufacture et sa pose sur le balancier s'effectue sans guidage laser. La longueur du spiral est déterminée par l'horloger lors de la pose. Il compare la fréquence d'oscillation du spiral par rapport à celle d'un balancier de référence et une fois que la fréquence correspond, la longueur du spiral est ajustée. De nos jours, rares sont les horlogers maîtrisant cette activité particulière et elle symbolise bien le travail effectué au sein de la Manufacture.

L'imposant calibre monopoussoir 16-29 (d'un diamètre de 38,4mm) qui équipe le chronographe Vintage constitue un des plus beaux calibres à remontage manuel. Ces caractéristiques s'inscrivent dans la plus pure tradition horlogère:
  • une architecture classique
  • une basse fréquence (2,5hz)
  • un balancier à vis d'une taille importante: 14,5mm de diamètre
  • une réserve de marche de 55 heures
  • une finition irréprochable dont la "patte" de la Manufacture se retrouve dans le pont du chronographe en V et avec la présence de la flèche Minerva.


La taille du calibre 16-29 permet l'utilisation d'un boîtier d'un diamètre de 43,5mm sans que cela ne paraisse inadapté. Au contraire, un grand sentiment s'équilibre règne à travers cette montre. Le cadran, en émail grand feu, reprend la disposition de certains chronographes du début du siècle dernier avec faisant cohabiter deux échelles: la télémétrique dans le pourtour et la tachymétrique en spirale au centre. Ce type de cadran se revoit régulièrement maintenant, l'esprit néo-rétro ayant du succès, comme ce fut le cas avec le chronographe Breguet.

Tout comme celle du calibre, la finition du cadran est irréprochable. Il existe en deux couleurs: en blanc pour la version en or rose et en noir pour la version en or gris. Chaque version est disponible en série limitée de 58 montres.


J'ai personnellement une préférence pour le cadran noir, d'aspect plus moderne que le blanc. De plus, il réduit le sentiment de taille et la montre semble moins imposante.

De par sa taille, son poids, son cadran particulier, le chronographe Vintage dégage une belle présence au poignet. Le boîtier ne comporte pas de fond cuvette comme cela est le cas régulièrement des autres modèles de la marque, ce qui le rend plus fin (13,55mm) et donne un style plus élancé à la montre que le Grand Chronographe Authentique.


Ce Chronographe Vintage est donc pour moi une belle réalisation et une montre digne de la volonté de l'Institut Minerva de Recherche en Haute Horlogerie de promouvoir l'art horloger traditionnel. Le plus difficile finalement pour Montblanc sera de vendre cette montre avec son nom sur le cadran car la marque allemande a besoin de se constituer une image sur ce segment. Cependant, les travaux menés avec Minerva montrent que la démarche adoptée va dans le bon sens.