lundi 26 septembre 2016

Hublot: Big Bang Sang Bleu

Un des principaux reproches formulés à l'encontre de Hublot est le nombre impressionnant de montres en série limitée donnant l'impression que la collection permanente n'est qu'accessoire face à une stratégie bien rodée. Et pourtant, il arrive que certaines de ces montres en série limitée aillent bien plus loin que le simple changement de couleurs et se distinguent par une complication particulière ou une approche esthétique décalée. C'est le cas de la Big Bang Sang Bleu, créée en collaboration avec le tatoueur suisse Maxime Büchi et fabriquée en 200 exemplaires. Sang Bleu est la plateforme artistique multidisciplinaire qu'il a fondée et dont le tatouage n'est qu'une composante.Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cette montre fut présentée lors de la Fashion Week à Londres en février.

Le contexte tatouage - mode - courant artistique pourrait faire craindre le pire car il n'y a pas eu que des concrétisations heureuses lorsque ces univers sont allés à la rencontre de l'horlogerie. Et pourtant, la Big Bang Sang Bleu est une des montres Hublot les plus réussies de ces dernières années, tout du moins à mes yeux. Trois principales raisons peuvent expliquer mon coup de coeur:
  • l'atmosphère de l'artiste est bien retranscrite,
  • l'affichage de l'heure est original,
  • et la montre est cohérente dans son ensemble, le boîtier ayant été revu pour s'adapter à l'affichage.


S'il fallait utiliser un seul adjectif pour décrire la montre, ce serait celui de "géométrique". Les angles et les polygones jouent un rôle fondamental dans le design unique de cette Big Bang et dès le premier coup d'oeil, on y retrouve l'influence de Maxime Büchi. Ce qui saute aux yeux de façon quasi immédiate est évidemment la forme de la lunette qui devient hexagonale. Ce changement n'est pas un acte gratuit puisque la lunette plante le décor pour l'affichage de l'heure. Elle transforme littéralement l'aspect du boîtier en titane poli qui devient plus typé et par la même occasion, plus difficile à apprécier. Mais c'est justement ce côté radical qui me plaît beaucoup. La taille de la montre accentue le rendu anguleux et la Big Bang Sang Bleu peut donner l'impression d'être plus grande que son diamètre réel (45mm en dehors des lunettes oreilles en résine noire).

La lunette, malgré son originalité, n'est finalement pas le clou du spectacle car le principal intérêt de la montre réside dans la façon avec laquelle elle donne l'heure. Son originalité provient de la réinterprétation du vieux principe des disques qui remplacent les aiguilles et c'est la raison pour laquelle, compte tenu des priorités liées à l'ordre des aiguilles, le grand disque, posé en premier, est dédié aux heures et le petit aux minutes. Le disque central noir officie en tant que trotteuse ou plutôt comme indicateur de marche.


En fait, chacun de ces disques rhodié a une forme octogonale et une structure apparente dont le but est de dessiner des polygones complexes au fil du temps qui passe. Les traits se mélangent et le cadran est en perpétuelle évolution. Cette concentration de lignes droites et de formes peut sembler confuse et nuire à la lecture de l'heure. Heureusement, les pointes des octogones qui suivent les graduations et qui servent donc à afficher le temps sont recouvertes de Superluminova blanc. La lecture de l'heure devient alors plus simple et similaire à celle des montres à disques. Ce type d'affichage nécessite une période d'accoutumance car contrairement aux aiguilles, seules les pointes sont apparentes. Lorsque les deux pointes sont proches et comme celle ces heures est la plus proche de la lunette contrairement à une montre "standard", un mélange entre heures et minutes peut s'opérer. Mais  avec de la pratique, la lecture devient relativement aisée.

La force de cet affichage est sa beauté graphique. Il dessine, façonne le cadran et les disques octogonaux font écho à la lunette hexagonale. Alors se pose immanquablement la question de savoir pourquoi la lunette n'est pas elle-même octogonale. J'ai évidemment ma petite idée là-dessus! En tout cas, l'intérêt de la forme hexagonale, grâce à la position des vis, est d'aider à la lecture en apportant des repères supplémentaires. La graduation périphérique des heures est efficace, celle des minutes l'est moins du fait de sa position et parce qu'elle est partiellement recouverte par le grand disque octogonal. A noter que la police de caractères qui a été utilisée pour les chiffres a été développée par l'agence de design de Maxime Büchi ce qui est un signe du soin apporté à cette montre.


Un affichage basé sur un système de disques nécessite plus de puissance qu'un affichage traditionnel à aiguilles. Le mouvement Unico, ici dans sa version HUB1213 sans chronographe répond à cet enjeu car il a été conçu pour être un véritable tracteur de complication. La version du mouvement photographiée ne correspond pas, selon moi, à son aspect définitif. En effet, la masse oscillante est supposée reprendre le design géométrique de Maxime Büchi, or la masse ici présente conserve la forme habituelle du rotor de l'Unico.

En tout cas, le rendu contemporain et technique de l'Unico correspond parfaitement à l'esprit de la Big Bang Sang Bleu. C'est un mouvement que je trouve agréable à observer même si sa finition  demeure industrielle. Sa réserve de marche de 3 jours est tout à fait satisfaisante.

C'est en mettant au poignet la Big Bang Sang Bleu que j'ai véritablement compris pourquoi je l'appréciais autant. Cette montre va au bout du concept et ne s'arrête pas à mi-chemin. Le boîtier est gravé avec des dessins géométriques  qui se prolongent sur le bracelet en cuir de veau noir. Ainsi, l'ensemble de la pièce est véritablement plongée dans l'univers du créateur suisse ce qui la rend particulièrement aboutie et cohérente.


Malgré son gabarit imposant, la Big Bang Sang Bleu se porte avec confort grâce à l'excellente boucle déployante de Hublot, assurément une des meilleures du marché. Montre originale et de caractère, cette Big Bang est une très belle réussite de la part de Hublot et de Maxime Büchi. Elle apporte la démonstration que le boîtier Big Bang a une capacité d'évolution et que lorsque Hublot s'en donne la peine et va plus loin que le simple changement de couleur, la marque est capable de délivrer une montre en série limitée qui sort véritablement du lot.

Merci à l'équipe Hublot présente lors du Salon Les Montres.

Les plus:
+ l'originalité de l'affichage de l'heure
+ la cohérence esthétique de l'ensemble
+ les performances du mouvement Unico
+ le confort au porter malgré le gabarit

Les moins:
- une période d'accoutumance est requise pour lire l'heure
- la taille perçue est supérieure au 45mm et rend la montre peu adaptée aux poignets modestes

dimanche 25 septembre 2016

Anonimo: Militare Chrono Bronze

Lorsqu'on m'évoque Anonimo, je pense immédiatement à une marque qui a une grande force, un design caractéristique et reconnaissable au premier coup d'oeil mais qui semble plombée par une histoire récente au parcours en montagnes russes. Anonimo fait également partie de ces rares maisons à posséder un cercle de fidèles inconditionnels. C'est évidemment un atout incontestable mais cela peut constituer également un frein au développement. Bref, Anonimo m'a donné l'impression ces dernières années de sans cesse osciller entre ses bons et ses mauvais côtés.

La mission de Julien Haenny qui fut nommé directeur général d'Anonimo en mars dernier et confirmé dans ses fonctions il y a quelques jours est en priorité de renforcer les bases de la marque et de la stabiliser.  Puis suivront la croissance et l'expansion dans un second temps. Les objectifs sont ambitieux, surtout en cette période délicate, mais Julien Haenny peut d'ores et déjà s'appuyer sur un catalogue cohérent et lisible.


Cela peut sembler une évidence mais paradoxalement, nombreuses sont les marques qui ne respectent pas ce principe: les catalogues sont généralement compliqués avec de nombreuses références sans véritable lien. Chez Anonimo, le catalogue est basé sur 2 collections: Militare et Nautilo auxquelles viennent se rajouter les modèles éditées en séries limitées. Chaque collection incarne un univers et une approche esthétique caractéristique et les différentes versions qui les composent ne sont pas pléthoriques. Au moins, Julien Haenny peut s'épargner le délicat travail de suppression des références. Cette simplicité est une très bonne nouvelle car Anonimo s'était égaré dans le passé dans certaines audaces horlogères, trop de complications et d'originalité ayant conduit à une perte d'identité.

Dans ce contexte, c'est la collection Militare qui représente le mieux la continuité du style Anonimo que nous connaissons depuis près de 20 ans. Et son meilleur ambassadeur est assurément le chronographe Militare à boîtier en bronze. J'y retrouve tous les ingrédients typiques d'Anonimo: le boîtier puissant d'un diamètre de 43,4mm, les grands chiffres sur le cadran, la couronne imposante à 12 heures et l'aiguille des heures dont la flèche évoque le logo de la marque. La montre est d'apparence simple mais ce côté brut, direct correspond parfaitement à l'idée que je me fais d'une montre Anonimo. Cependant, réduire cette pièce à un exercice de body-building serait très réducteur. Elle dégage aussi un sentiment de cohérence et n'est pas exempte de certains détails plutôt subtils.


J'aime par exemple beaucoup la finition des poussoirs dont la surface est recouverte de caoutchouc. Ce petit détail esthétique est décoratif et améliore la sensation à l'usage. Soyons francs à ce propos: le chronographe est avant tout décoratif même s'il est évidemment fonctionnel. La graduation à la seconde sur le rehaut est discrète mais n'est pas d'une grande utilité car peu lisible. La finition du cadran est réussie avec un joli bleu qui crée des reflets de lumière très agréables avec un léger contraste avec les sous-cadrans.

Le boîtier en bronze est pour beaucoup dans le pouvoir de séduction de cette montre. Son design est complexe, combinant la forme coussin de la base avec une lunette ronde. Le protège-couronne imposant, situé à 12 heures, donne l'impression d'être une bélière et apporte évidemment du caractère à l'ensemble. Il impose malgré tout une période d'accoutumance pour la manipulation de la couronne. Le Militare Chrono Bronze parvient donc à imposer sa force, sa puissance, son épaisseur (14mm) sans toutefois tomber dans l'excès. Le bracelet en veau accompagne harmonieusement la couleur du cadran et positionne le boîtier sur le poignet de façon ferme grâce à sa souplesse. En revanche, je n'ai pas trouvé l'anti-reflet d'une grande efficacité compte tenu de la forme du verre. Cela n'altère pas le plaisir au porter ni la lisibilité du fait de la taille des aiguilles. C'est plus finalement un problème pour les photographes...


Le Militare Chrono Bronze utilise un  mouvement à construction modulaire. Le module du chronographe Dubois Depraz 2035M, modifié pour répondre aux spécifications d'Anonimo,  est animé par une base Sellita SW300. De fait, le mouvement a une fréquence de 4hz et une réserve de marche de 42 heures. S'agissant d'un module et d'une base répandus, la montre fonctionnera sans souci et sera facilement réparable. L'efficacité au remontage du calibre Sellita est tout à fait correcte rendant moins sensible la problématique de la réserve de marche un peu faible. En tout cas, ce mouvement correspond bien à l'état d'esprit d'Anonimo: pas de volonté d'être perçu comme une manufacture ou de proposer des calibres exclusifs. L'objectif est d'être fiable et efficace pour se concentrer sur l'aspect le plus important: le style.

J'ai eu la chance de porter la Militare Chrono Bronze pendant plusieurs jours et ai voyagé avec. J'ai apprécié son confort et le joli mariage de couleurs entre le bleu et le bronze faisant de cette version la plus impactante de la collection. En revanche, son gabarit et son épaisseur, amplifiés par le protège-couronne au sommet du boîtier rendent la montre peu polyvalente du point de vue de l'usage: parfaite dans une tenue décontractée, elle m'a semblé peu adaptée dans un contexte plus formel. Mais au bout du compte, demeure le plaisir de porter une pièce stylée et de caractère qui se révèle plus surprenante et subtile qu'elle ne le laisse penser de prime abord.


Merci à l'équipe Anonimo et à Françoise Flavian.

Les plus:
+ un design caractéristique
+ la finition du boîtier en bronze et du cadran
+ la souplesse et le confort du bracelet en veau
+ l'harmonie des couleurs entre le bleu et le bronze

Les moins:
- un chronographe peu lisible
- un gabarit rendant la montre peu adaptée à un contexte plus formel

dimanche 18 septembre 2016

Urwerk: EMC Time Hunter X-Ray

L'EMC (Electro Mechanical Control) est une montre à part dans le monde horloger et dont la première version fut dévoilée en 2013. Elle témoigne d'une des idées les plus chères à Felix Baumgartner à savoir l'interactivité entre la montre et son propriétaire. Cette idée, déjà mise en oeuvre avec le système de turbines qui permet de réguler l'efficacité du remontage du mouvement automatique est déployée de façon beaucoup plus poussée dans le contexte de l'EMC. Le module électronique spécialement développé pour cette montre permet, grâce à des capteurs optiques contrôlés par un circuit intégré, de mesurer la précision de marche du mouvement mécanique à remontage manuel ainsi que l'amplitude du balancier. L'énergie requise par ce module électronique provient de la manivelle latérale qui s'insère dans le boîtier et dont la manipulation charge l'accumulateur. Le résultat des mesures du module électronique ne servirait à rien si le réglage de la montre ne pouvait être effectué instantanément. Et c'est tout l'intérêt de l'EMC et de la construction particulière de cette montre. La vis de réglage Fine Tuning, située à l'arrière du boîtier  ajuste la longueur du spiral et influence donc la marche du mouvement. L'observation n'est donc plus passive mais incite le propriétaire de l'EMC à l'action. L'autre élément de l'EMC séduisant du point de vue conceptuel est de voir qu'un module électronique, utilisant des éléments contemporains se met au service d'un mouvement mécanique dont les principes existent depuis des siècles. C'est un peu le paradoxe de la quête de l'amélioration de la locomotive à vapeur mais c'est aussi ce qui fait le charme et la singularité de l'EMC.


Urwerk présenta en début d'année lors du SIHH les versions Time Hunter de l'EMC. Elles se distinguent de l'EMC d'origine par une organisation de cadran différente redonnant plus de place à l'affichage du temps. La zone supérieure gauche est dédiée aux mesures du module électronique avec la précision du mouvement (matérialisée par l'écart de marche) et l'amplitude du balancier (qui n'était pas disponible sur la première EMC). Cette zone comporte également une lumière LED qui facilite l'interprétation des données. Comme la précision est affichée rapidement avant que l'aiguille ne bascule sur l'indication de l'amplitude, la couleur de la lumière nous informe si la précision est dans une zone acceptable (couleur verte) ou pas (couleur rouge).  La réserve de marche est indiquée à 7 heures tandis qu'un disque affiche les secondes dans la zone supérieure droite. Les EMC Time Hunter gagnent ainsi nettement en lisibilité et témoignent du progrès d'Urwerk dans la maîtrise du potentiel lié au module électronique.
 
La surprise en cette rentrée 2016 est la découverte d'une nouvelle version de l'EMC Time Hunter.  Comme souvent avec Urwerk, une approche esthétique différente d'un modèle existant a tendance à totalement transformer son apparence et notre perception. C'est le cas ici également car l'EMC Time Hunter X-Ray joue la carte de la transparence et se dévoile alors que les Time Hunter du SIHH se focalisent sur les affichages.


Je dois avouer que cette toute dernière version est sans aucune hésitation ma préférée. Le style décoratif met en valeur la dimension technique de la pièce et est surtout cohérent avec son esprit. Je retrouve d'ailleurs cette même cohabitation entre tradition et modernité, qui se manifeste au niveau du mouvement, dans le rendu du squelettage. Ce dernier permet d'observer les entrailles de la bête et surtout de l'alléger visuellement parlant. L'EMC devient ici plus complexe et plus raffinée à la fois. Le résultat est extrêmement convaincant car les formes très géométriques du squelettage empêchent le cadran de la montre de tomber dans la confusion tout en rappelant la rigueur de la présentation du mouvement.

Les touches de rouge qui se distinguent principalement au niveau de l'affichage des résultats du module électronique mettent en exergue les spécificités de la montre et ont même tendance à nous inciter à utiliser la manivelle latérale pour actionner les mesures! En revanche, j'ai trouvé que le squelettage rendait moins visible ces indications. 


L'allégement visuel de la montre est une bonne nouvelle. L'EMC Time Hunter X-Ray est certes une montre qui se porte très confortablement grâce à la souplesse de son bracelet qui positionne fermement la montre sur le poignet mais le gabarit de son boîtier en titane et acier traités en PVD noir demeure important (43x51mm) avec une épaisseur maximum de 15,8mm. Dans ce contexte, elle ne conviendra pas à tous les poignets et aura quelques difficultés à passer sous les chemises. Mais à aucun moment, elle ne donne l'impression d'être très imposante et il se dégage même une certaine fluidité.

L'arrière de la montre offre un spectacle unique, une sorte d'aboutissement d'une expérience uchronique. Il est important de rappeler que le mouvement est purement mécanique puisque le module électronique ne fait qu'observer ses performances. Pourtant, Urwerk a réussi une sorte de prouesse esthétique en mélangeant les deux univers pour obtenir une présentation de mouvement originale et inégalée. 

Le cache rouge du balancier recouvre les capteurs optiques du balancier. Ce dernier a une fréquence de 4hz pour une réserve de marche généreuse de 80 heures obtenue grâce à l'utilisation d'un double-barillet qui occupe une zone importante du mouvement. La grille rouge protège les composants du module électronique. Enfin, la vis de réglage est située face au double-barillet sur la petite proéminence. 

J'aime beaucoup l'architecture de ce mouvement et notamment l'imbrication entre le monde mécanique et le monde électronique. J'y retrouve tout l'esprit de l'EMC et une certaine harmonie avec le squelettage côté cadran.


L'EMC Time Hunter X-Ray est donc pour moi une très belle réussite. Elle est originale, audacieuse mais rien n'est fait gratuitement. L'ensemble est cohérent et esthétiquement abouti. Même si son gabarit l'empêche d'être à destination de tous les poignets, elle n'en demeure pas moins agréable au porter. Une fois de plus, Urwerk réussit une évolution d'un modèle existant et cette série limitée en 15 exemplaires a peut-être l'unique défaut de rendre les Time Hunter de début d'année moins désirables.

Merci à l'équipe de Chronopassion.

Les plus:
+ un évolution esthétique réussie de l'EMC Time Hunter
+ la présentation du mouvement
+ l'interactivité qui existe entre la montre et son propriétaire
+ un design qui tranche avec les autres montres d'Urwerk
+ un bracelet très agréable

Les moins:
- un gabarit et notamment une épaisseur conséquents
- une lisibilité des informations données par le module électronique légèrement en retrait par rapport aux Time Hunter du début d'année

mercredi 14 septembre 2016

Cartier: bracelets interchangeables pour les Ronde et Tank Solo

Cartier profite de la rentrée  pour annoncer coup sur coup deux très bonnes nouvelles! La première est la mise à disposition de toute une gamme de bracelets interchangeables (et du système de pompes et de boucle déployante à double réglage qui va avec) à l'attention des Ronde et Tank Solo. Ce ne sont pas moins de 14 couleurs se répartissant autour de 3 types de veau (lisse, grainé et Trieste) qui sont ainsi disponibles aux clients souhaitant facilement transformer le style de leurs montres, en le rendant plus décontracté ou plus formel selon les circonstances.

Les Ronde et Tank Solo qui font l'objet de cette démarche sont disponibles en trois tailles différentes et c'est à ce niveau que se situe la seconde nouvelle qui me ravit: la Ronde Solo intermédiaire, d'un diamètre de 36mm est maintenant animée par un mouvement automatique. Et pour ne rien gâcher, le guichet de date de la version antérieure à quartz  disparaît! 

La Ronde Solo Automatique 36mm et la Tank Solo XL:


Incontestablement, la nouvelle Ronde Solo Automatique 36mm devient une montre très importante pour Cartier. Il ne faut se tromper: même si cette montre n'aura pas pas la projection médiatique d'une Drive ou d'une Clé, elle n'en demeure pas moins stratégique compte tenu de son positionnement tarifaire d'entrée de gamme et de sa faculté à profiter du système de bracelets interchangeables. Sa taille intermédiaire est idéale. Ni trop grande, ni trop petite (la finesse de la lunette agrandit légèrement la taille perçue), cette Ronde Solo est adaptée à la fois aux poignets féminins et masculins. Son cadran reprend les codes habituels de la ligne Ronde Solo avec l'inscription le long de la minuterie centrale des heures de la seconde moitié de la journée par le biais de chiffres arabes. La cohabitation entre les chiffres romains et les chiffres arabes est la petite touche d'originalité d'un cadran éminemment classique. Le retrait du guichet de date (le guichet demeurant sur la version 42mm) rend la montre beaucoup plus pure et équilibrée et renforce ainsi son élégance.

La Ronde Solo 36mm Automatique:


Le mouvement qui l'anime est le calibre Cartier 076 soit un ETA 2671 que nous retrouvons notamment dans la Ballon Bleu 36mm. Ce calibre au diamètre contenu est fiable et répandu. Il fonctionnera donc sans souci et la montre sera aisément réparable dans la durée. Sa réserve de marche est un peu courte selon les standards actuels (autour de 38 heures) mais son efficacité au remontage est tout à fait convenable.

Comme indiqué précédemment, la taille perçue est supérieure à la taille réelle. En mettant la Ronde Solo Automatique 36mm au poignet, je n'ai pas eu l'impression de porter "une petite montre". Si sa finition, et notamment celle du cadran, n'est évidemment pas du même niveau que celle des montres plus onéreuses de la collection, j'ai tout de même apprécié son charme simple et son raffinement discret. Et puis... si la montre apparaît comme trop sage, rien n'empêche de lui apporter du peps avec un bracelet de couleur.

La Ronde Solo 36mm Automatique avec sa boucle déployante et son bracelet:


Le changement s'opère très facilement grâce aux pompes "flash" et à la boucle déployante à double réglage qui ne nécessite aucun outil. Certes la manipulation au niveau de la boucle nécessite de la pratique au départ mais une fois l'astuce comprise, tout s'effectue simplement.

Les finitions lisse, grainé ou Trieste des bracelets ne sont pas forcément disponibles pour toutes les couleurs mais le choix de 14 bracelets est suffisamment vaste pour trouver la combinaison alternative idéale. Ma finition préférée est la Trieste, plus contemporaine. La finition lisse est également réussie, notamment avec un gris/bleu du plus bel effet. La finition grainée est plus traditionnelle et  regroupe le plus de couleurs (8).

Les finitions Trieste et grainée:


Une sélection de la gamme de couleurs:


Découvrons maintenant les différents rendus des 6 montres.

L'équilibre de la Ronde Solo 36mm Automatique. Elle se reconnaît au premier coup d'oeil grâce à sa trotteuse centrale et à son absence de guichet de date:


La Ronde Solo 36mm Automatique est aussi à l'aise sur un poignet féminin:


La Ronde Solo 42mm Automatique. J'ai tendance à trouver cette montre trop grande. Je préfère nettement la version 36mm:


La version 29mm à quartz se distingue par sa pureté. Avec un bracelet bleu qui rappelle la couleur des aiguilles et du cabochon, elle gagne en énergie. Cette montre profite pleinement des bracelets de couleurs vives.  


La Tank Solo XL avec deux bracelets différents, le Trieste bleu et le grainé noir:


La Tank Solo XL se reconnaît à son guichet de date à 6 heures:


La Tank Solo MM est animée par un mouvement à quartz et passe aussi bien sur un poignet masculin que féminin:



La Tank Solo PM est également animée par un mouvement à quartz. Tout comme la Ronde Solo de petite taille, la montre gagne énormément à utiliser un bracelet de couleur vive:



J'ai donc particulièrement apprécié la démarche de Cartier. J'ai souvent regretté que les grandes marques ne fassent pas preuve de plus d'audace pour ne pas saluer ce pas vers une offre personnalisable, attendue par la clientèle. Le système est simple et rapide et le choix de couleurs est suffisamment large pour offrir des alternatives tranchées par rapport au traditionnel bracelet noir. Et comme Cartier a eu le bonne idée de rendre automatique la Ronde Solo 36mm, le bilan est presque parfait! J'ai cependant deux regrets qui tempèrent légèrement mon enthousiasme. J'aurais aimé que la Tank MM subisse le même traitement que la Ronde Solo 36mm en devenant automatique et que la finition grainée ne concentre pas la majorité des couleurs. Rien de bien grave car l'essentiel est que Cartier donne le sentiment de plus s'amuser avec son entrée de gamme et de se décontracter pour le plus grand plaisir de ses clients.

Merci à l'équipe de la boutique Cartier de Paris Capucines.