jeudi 21 mai 2015

Lange & Söhne: Saxonia Dual Time (2011 vs 2015)

4 années après sa présentation initiale, la Saxonia Dual Time est modifiée dans le contexte du restylage de la collection dans laquelle elle appartient. Cette évolution purement esthétique est intéressante à analyser car elle cache, derrière quelques détails qui peuvent sembler mineurs, des orientations stratégiques importantes pour Lange. Grâce au précieux concours de la boutique Lange de la rue de la Paix à Paris, je pus directement comparer les deux versions, celle de 2011 et celle qui fut dévoilée cette année au SIHH.

Tout d'abord, il est important de préciser que je n'ai jamais été un ardent défenseur de cette Saxonia Dual Time. Au-delà de son cadran un peu vide et austère, je trouvais que la solution du réglage de l'aiguille des heures en or par le biais de deux poussoirs situés sur la carrure gauche n'était pas la plus élégante. Pour tout dire, j'attendais et j'attends plus de la part de Lange pour une montre Dual Time et notamment un réglage du second fuseau plus intégré esthétiquement et techniquement parlant et la capacité à gérer les fuseaux décalés comme l'Inde ou l'Iran.  D'ailleurs je ne comprends toujours pas pourquoi seules quelques rares montres sont capables de gérer de tels fuseaux horaires quand on connaît le nombre d'habitants cumulés (et donc le potentiel de clientèle!) de ces pays.

La version de 2011 à gauche, celle de 2015 à droite:


De toutes les façons, ce ne sera pas pour cette fois puisque la Saxonia Dual Time 2015 utilise le même mouvement que sa devancière à savoir le L086.2 à remontage automatique par le biais d'une masse oscillante centrale (le Sax-O-Mat n'est disponible que sur les montres calendrier en sus de la série limitée Saxonia Outsize Date) d'une réserve de marche de 3 jours (un bon point) et d'une fréquence de 3hz. Et qui dit même mouvement, dit même fonctionnalités. Je retrouve donc les poussoirs latéraux et le sous-cadran du second fuseau à douze heures permettant un affichage sur 24 heures. Fort heureusement, du point de vue esthétique, l'amélioration est notable et il a suffi de quelques ajustements pour transformer la montre.

Je pourrais résumer ces modifications ainsi:
  • un rappel du passé avec une inspiration puisée dans les Langematik,
  • une taille de boîtier plus raisonnable pour répondre à la demande de certains marchés,
  • tout cela entraînant une approche esthétique plus excitante. 

Le problème de la Saxonia Dual Time initiale était qu'à force de vouloir épurer le design, d'aller à l'essentiel, plus aucune émotion ne se ressentait à l'observation de son cadran. Plus grave encore: en retirant l'inscription A.Lange & Söhne, on aurait presque eu du mal à deviner qu'il s'agissait d'une Lange. Certains collectionneurs surnommaient d'ailleurs cette Saxonia la JLC Master Dual Time de luxe. Un peu gênant lorsqu'on veut incarner la tradition horlogère allemande.

Le mouvement L086.2 équipe les deux montres:

 

Le premier élément fondamental qui change est le diamètre du boîtier. En passant de 40 à 38,5mm, la réduction est sensible. Elle a plusieurs vertus: elle réduit la surface du cadran et donc les zones vides et elle rend la montre plus adaptée à un marché comme la Chine... sans oublier des marchés matures comme l'Europe Occidentale où les collectionneurs font toujours rimer pièces élégantes et habillées avec diamètres contrôlés. 

La version de 2011 au poignet:


Le diamètre plus petit a obligé Lange à bouger l'emplacement du nom de la marque initialement positionné en arc de cercle au sommet du cadran. Sur la montre de 2015, il est inscrit au centre de façon horizontale comme cela était le cas avec la toute première Saxonia en 1994. De plus, les mots "automatic dual-time" ont été remplacés par "Glashütte Sachsen" pour mieux réaffirmer les origines de la manufacture.

Cet écriture horizontale du nom de la marque n'est pas le seul rappel du passé. La montre en possède de nombreux dorénavant comme par exemple la façon dont est dessinée la zone périphérique du cadran. La minuterie suggérée et discrète laisse sa place à des index longs qui marquent de leur empreinte le rendu visuel du cadran compte tenu de la taille plus réduite. Les petits points qui symbolisaient les 5 minutes ont été remplacés par des index appliqués qui deviennent doubles tous les quarts d'heure. Le style Langematik est bel et bien de retour pour notre plus grand plaisir! Le tableau est complété par la présence des dizaines dans le sous-compteur de la trotteuse, autre élément caractéristique des Langematik qui avait fait son retour avec la Saxonia Outsize Date.

Le cadran de la version de 2015:


La combinaison de toutes ces modifications est au final une réussite. Le cadran est plus occupé, plus passionnant et l'aspect plus ramassé (la montre conserve la même épaisseur de 9,1mm pour un diamètre plus réduit) lui donne plus de caractère. Car tel est au bout du compte l'objectif poursuivi: redonner du caractère et du peps à une montre, et pour ne pas dire, à une collection du catalogue qui en manquaient cruellement. En 4 ans, Lange a opéré un véritable virage à 180 degrés sur cette Dual Time. Les principes qui ont fondé le design de la montre de 2011 ont été balayés pour revenir à des fondamentaux en vigueur à l'époque des Langematik.

Je ne peux que me réjouir de cette approche qui me semble bien plus cohérente. Le design est plus marqué, le lien avec des modèles antérieurs est présent et la taille est mieux adaptée au diamètre du mouvement. En d'autres termes, je retrouve un Lange plus convainquant. C'est la raison pour laquelle cette comparaison était intéressante car elle offrait l'opportunité de mettre côte à côté deux approches esthétiques de la même montre. La conclusion est qu'une marque ne doit jamais oublier ses racines et que les approches aseptisées, que l'on peut considérer comme peu risquées car sans aspérité ne finissent que par engendrer l'ennui et donc l'échec commercial. J'ai la conviction que la nouvelle Saxonia Dual Time aura bien plus de succès que sa devancière et ce ne sera que justice.

La version de 2015 au poignet:


Merci à l'équipe de la boutique Lange de Paris.

Les plus:
+ une évolution esthétique convaincante, la montre devenant bien plus passionnante
+ le diamètre mieux adapté au mouvement
+ la réserve de marche de 3 jours
+ la qualité des finitions

Les moins:
+ les poussoirs latéraux ne constituent pas la solution la plus élégante pour régler le second fuseau
+ la montre ne gère pas les fuseaux décalés comme ceux de l'Inde ou de l'Iran
+ le mouvement à rotor central n'a pas le même charme qu'un mouvement Sax-O-Mat

dimanche 17 mai 2015

Chopard: Mille Miglia 2015 Race Edition


L'édition 2015 de la mythique course automobile des Mille Miglia s'achève aujourd'hui à l'issue de son traditionnel parcours en boucle entre Brescia et Rome. L'arrivée de la course, réservée dorénavant aux véhicules historiques, me donne l'opportunité de vous présenter la montre dédiée à l'événement de cette année: la Chopard Mille Miglia 2015 Race Edition. Chopard est partenaire et chronométreur officiel de la course depuis 1988 ce qui prouve l'importance stratégique pour la marque de cette implication de longue date. La collection Mille Miglia est en effet une composante essentielle du catalogue de Chopard ce qui fut souligné et réaffirmé par la présentation des modèles GTS à Baselworld 2015. En effet, deux des trois montres Mille Miglia GTS, l'Automatic et la Power Control sont animées par des mouvements maison en provenance des ateliers de Fleurier Ebauches témoignant ainsi d'une progression du contenu horloger et de l'ambition autour de cette collection.


En toute logique, la montre de la course de cette année est basée sur une des deux montres à calibre Fleurier Ebauches afin de mettre sous les feux des projecteurs un nouveau mouvement et une nouveauté de Bâle. C'est la GTS Power Control qui fut choisie car l'affichage de la réserve de marche, située à gauche du cadran, donne une possibilité supplémentaire, par rapport à la GTS Automatic, de créer un rappel avec l'univers des véhicules historiques.

La Mille Miglia 2015 Race Edition se décline en deux versions: l'une en acier limitée à 1000 exemplaires et une en or rose limitée à 100 exemplaires. Ma préférence va nettement vers la première car je trouve que la couleur neutre du boîtier correspond mieux à la couleur rouge du cadran. En effet, en dehors des inscriptions présentes sur la partie arrière du boîtier, la grande différence entre la 2015 Race Edition et la Power Control de la collection permanente est la couleur du cadran "Rosso Corsa" qui évoque bien entendu la couleur des carrosseries des voitures de l'équipe d'Italie. Ce rouge, à la fois vif et lumineux, transforme totalement la montre qui gagne de façon instantanée du punch en adoptant ce style plus radical. Paradoxalement, les affichages annexes, celui de la réserve de marche et de la date deviennent plus discrets, se fondant dans la couleur dominante.


J'aime beaucoup les rappels à l'univers automobile comme les grands chiffres, la façon dont est représenté l'indicateur de réserve de marche sans oublier le guichet de date qui s'insère dans le logo de la compétition et qui évoque les numéros des participants apposés sur les portières des véhicules. La finition du cadran est irréprochable, la couleur est parfaitement dosée avec un rendu vernis et les effets de relief apportés par les chiffres et index apportent une touche qualitative. Un élément profite pleinement de cette couleur rouge pour ressortir de façon plus nette: il s'agit de la lunette en aluminium noir. Elle tempère la vivacité du cadran et crée un lien avec le rehaut incliné, également noir.

Le mouvement 01.08-C qui anime la 2015 Race Edition est visible à travers le fond transparent. S'il n'atteint pas, loin s'en faut, le niveau de finition d'un mouvement L.U.C., il reste très agréable à observer grâce à la découpe, les motifs azurés des ponts et la décoration cannelée de la masse oscillante. Soyons clairs, il n'y a rien de spectaculaire et la vocation d'un tel mouvement est de pouvoir être produit à une échelle plus importante qu'un L.U.C. Mais pour un mouvement industriel, sa présentation demeure tout à fait acceptable. C'est du côté de ses performances que se situent ses principaux atouts. Certifié chronomètre, il propose une réserve de marche satisfaisante d'une soixantaine d'heures pour une fréquence de 4hz. Il dispose aussi d'un stop-seconde.


Le boîtier de la 2015 Race Edition est relativement imposant avec un diamètre de 43mm. Il est cependant cohérent avec le contexte de la montre et grâce à une épaisseur de 11,43mm, il présente un aspect plutôt élancé. Le travail esthétique est soigné comme l'attestent la forme des cornes et le discret et élégant protège-couronne. Evidemment, la combinaison d'une telle taille avec la couleur du cadran rend la montre beaucoup plus ostentatoire que son alter-ego de la collection permanente. Elle est aussi moins polyvalente mais c'est ce qui fait son charme. Elle apparaît sans compromis ce qui n'est pas pour me déplaire. 


J'ai ainsi pris beaucoup de plaisir à la mettre au poignet. Il faut considérer cette 2015 Race Edition plus comme une montre de week-end, comme une pièce sport-chic décalée qui parvient à conserver l'élégance habituelle de la collection Mille Miglia malgré son originalité et son apparence très colorée. Le bracelet de type Racing en veau Barenia noir complète joliment un bilan très positif qui marque l'affirmation de Chopard sur ce segment horloger très encombré. La légitimité de la marque dans l'univers de la course de véhicules historiques et l'émergence de mouvements maison disponibles dans un contexte plus abordable que celui des montres L.U.C. constituent des arguments solides permettant d'espérer la réussite commerciale des Mille Miglia GTS en général et de cette pièce en particulier.

Merci à l'équipe de la boutique Chopard Vendôme.

Les plus:
+ une couleur dominante vive et audacieuse
+ la finition du cadran
+ les performances du mouvement 01.08-C
+ la certification chronomètre

Les moins:
- un cadran un peu bavard
- une montre moins polyvalente que la GTS Power Control de la collection permanente... mais c'est ce qui fait son charme

IWC: Portugieser Calendrier Annuel

Depuis plusieurs années, IWC a pris l'habitude de revisiter une collection de son catalogue à chaque SIHH et 75ième anniversaire oblige, celui de 2015 fut placé sous le signe de la Portugaise. Ou plutôt "Portugieser" car telle est dorénavant l'appellation officielle de la collection composée d'une vaste gamme de montres, allant de la trois aiguilles simple à la Grande Complication. Si nous retrouvons en son sein des grands classiques de la marque, pour ne pas parler d'icône comme le chronographe automatique, la surprise fut de découvrir une toute nouvelle complication qui profita de l'occasion pour faire son entrée, non seulement dans la collection mais dans le catalogue: le calendrier annuel. Il est intéressant de remarquer que cette complication, finalement assez peu représentée au sein des manufactures il y a quelques années, s'est petit à petit développée pour devenir dorénavant presque un incontournable de toute marque sérieuse qui se respecte. Considéré auparavant comme une sorte de calendrier perpétuel dégradé, le calendrier annuel apparaît aujourd'hui comme une complication utile (pour reprendre la terminologie d'une célèbre manufacture genevoise) qui possède la vertu de nécessiter qu'un seul réglage par an du quantième lors du passage au 1er mars. Et ceci, avec un tarif bien plus raisonnable que celui du calendrier perpétuel.


La Portugieser Calendrier Annuel est une montre qui m'a beaucoup plu car IWC a eu l'intelligence de lui réserver une organisation de cadran spécifique. A ce titre, elle ne ressemble pas aux deux Calendriers Perpétuels de la collection (le classique et celui à date et mois digitaux) et se rapproche esthétiquement de la Portugieser Automatique avec ses deux sous-cadrans de trotteuse et de réserve de marche placés horizontalement. Ce dernier indicateur témoigne d'ailleurs des performances du mouvement de manufacture 52850 qui grâce à sa réserve de marche de 7 jours trouve avec une montre calendrier un contexte idéal.

Le principal atout de la Portugieser Calendrier Annuel est sa lisibilité. L'affichage des données du calendrier (les mois, les quantièmes et le jour de la semaine) est concentrée sur la partie supérieure du cadran grâce à trois guichets formant un arc de cercle. Même si pour moi en tant que français ces données sont positionnées à l'envers avec le mois en premier et le jour en dernier, le fait de les retrouver alignées est indéniablement très agréable. Le cadran profite par la suite de la dimension généreuse du boîtier (44,2mm de diamètre) pour distiller les éléments de design traditionnels de la collection Portugieser: le chemin de fer de la minuterie, les chiffres en relief sans oublier les aiguilles feuille. En revanche, spécificité de cette montre, le nom de la marque est positionné dans la partie inférieure du cadran, guichets du calendrier oblige. La finition du cadran respecte les standards de la marque et est donc excellente surtout dans sa version à cadran bleu acier (l'autre cadran disponible avec le boîtier acier étant l'argenté).


La partie arrière de la montre est également convaincante grâce à la présentation du mouvement 52850 à double-barillet et à remontage automatique Pellaton. Certes, sa décoration n'est pas exceptionnelle (sa seule coquetterie étant le médaillon en or sur la masse oscillante) mais c'est un calibre qui impressionne par sa taille et son architecture. D'un certain côté, son rendu industriel colle bien avec sa présentation. Et je dois avouer que de nos jours, le fait de profiter d'un mouvement dont la taille est cohérente avec celle d'un boîtier de 44,3mm est un plaisir rare. Le balancier semble en revanche un peu petit dans cet environnement mais cela peut s'expliquer par la fréquence de 4hz et la longue réserve de marche obtenue sans que la montre n'ait la dimension d'une assiette à pizza.


Si la Portugieser Calendrier Annuel a la vocation d'incarner une certaine élégance, elle n'en demeure pas moins imposante au poignet. Plus que son diamètre, finalement pas choquant grâce à l'organisation du cadran, c'est son épaisseur (15,3mm) qui m'a le plus dérangé. Les proportions restent cependant harmonieuses compte tenu d'un rapport diamètre/épaisseur raisonnable. Mais clairement la montre veut dégager de la présence. IWC a veillé à préserver son confort au porter et à la rendre portable y compris pour les poignets plus modestes en proposant des cornes courtes et très courbées. Le résultat est à ce niveau très satisfaisant puisque la Portugieser Calendrier Annuel se positionne bien et ne bouge pas malgré son gabarit. Pour se rendre compte de l'impression visuelle qu'elle donne, imaginez une Portugieser Automatique avec un peu d'embonpoint et vous obtenez une représentation assez fidèle.


IWC n'avait pas le droit de se rater avec sa nouvelle collection Portugieser puisqu'il s'agit de la pierre angulaire de son catalogue. La réussite de cette Portugieser Calendrier Annuel prouve que la marque s'est donnée les moyens de son ambition. L'adjonction de la nouvelle complication fonctionne parfaitement et l'intégration de l'affichage des données du calendrier sur le cadran est un modèle du genre. Je retrouve donc à travers cette montre l'IWC que j'aime, c'est-à-dire qui parvient à conserver un style esthétique élégant et reconnaissable tout en proposant un contenu horloger solide.

Merci à l'équipe IWC pour son accueil au SIHH 2015.

Les plus:
+ l'intégration de la complication et la lisibilité des données du calendrier
+ les performances et la présentation du mouvement 52850
+ la finition du cadran
+ la beauté du cadran bleu acier

Les moins:
- le gabarit de la montre et notamment son épaisseur

dimanche 3 mai 2015

Corum: Silver Coin 1 dollar - Edition 50ième anniversaire

La "Coin Watch" est un exercice de style particulier qui fut pratiqué par le passé par de très nombreuses marques. La première "Coin Watch" créée par Corum en 1964 à partir de la célèbre pièce de 20 dollars devint par la suite une des montres iconiques de la marque. Cette dernière se devait donc de célébrer le cinquantième anniversaire de cette création avec un hommage à la hauteur de la contribution de la "Coin Watch" à sa renommée. C'est la raison pour laquelle fut présenté l'année dernière un duo de montres disponibles dans le cadre d'une série limitée de 100 pièces chacune. La première, d'un diamètre de 36mm, utilise une pièce en or de 50 dollars. La seconde, qui est l'objet du présent article, met en scène une pièce en argent d'un dollar.


J'ai souhaité en effet revenir sur cette seconde montre car elle se distingue du style habituellement pratiqué. En effet, très fréquemment, afin d'accentuer la sensation de porter une pièce au poignet, le matériau privilégié est l'or et ce, avec un diamètre raisonnable.

La Silver Coin sort de ces critères et c'est ce qui explique son charme et son originalité. Certes, la pièce est très connue. Elle est d'ailleurs la pièce en argent la plus grande et la plus lourde des Etats-Unis. Mais c'est son utilisation dans le contexte de cette "Coin Watch"qui apporte cette dimension inattendue. La montre présente ainsi un style très élancé avec un diamètre de 43mm pour une épaisseur de 7,60mm ce qui augmente la perception de la taille. Le diamètre est légèrement supérieur à celui de la pièce en argent permettant ainsi d'intégrer une fine lunette dont l'intérêt est double. Elle parachève le design en définissant un cadre raffiné pour la pièce et surtout, grâce à de très discrets index qui marquent les segments de 5 minutes, elle améliore la lisibilité de la montre.


Car, et c'est tout l'intérêt d'une "Coin Watch", aucun élément ne vient perturber la pièce d'origine. Elle est coupée en deux pour définir à la fois le cadran (le revers de la pièce) et le fond du boîtier (l'avers). Grâce à la très grande ouverture de cadran, l'aigle américain apparaît de façon majestueuse tenant dans ses serres des flèches et un rameau d'olivier. Il est surplombé de 13 étoiles symbolisant les 13 Etats fondateurs des Etats-Unis tandis que la valeur de la pièce est indiquée dans la partie inférieure. Afin de préserver la pureté de l'approche et de profiter du spectacle offert par l'aigle, l'heure est affichée par de simples aiguilles bâton qui sont les bienvenues. En toute logique, la montre ne propose ni trotteuse ni  témoin de marche ce qui peut déplaire aux personnes n'aimant pas les cadrans inertes. Ceci dit, l'argent joue pleinement son rôle. Sa couleur neutre apporte une touche de discrétion nécessaire compte tenu du diamètre. Et selon les conditions de lumières, les reflets illuminent le cadran et mettent en valeur l'aigle américain.

Inutile de le nier: si vous êtes réfractaire à la commémoration du 4 juillet et à tout ce qui touche de près ou de loin à la bannière étoilée, cette montre n'est pas faite pour vous. La pièce de monnaie est avant tout un vecteur de message, un message d'unité et de puissance qui se retrouve de facto sur la montre.


L'avers de la pièce, dédié au fond du boîtier est évidemment dans la même logique et représente la Liberté Marchante "Walking Liberty" ainsi que l'année d'émission, correspondant à celle de la montre, et la devise nationale des Etats-Unis.

Le mouvement qui anime cette "Coin Watch" est le même que celui de l'autre montre du duo commémoratif. Le calibre CO 082, à remontage automatique et d'une fréquence de 4hz pour une réserve de marche de 42 heures est en fait un ETA2892-A2 avec un rotor décoré. Je trouve dommage qu'une telle montre utilise un mouvement automatique car le remontage manuel m'aurait semblé plus adapté à son esprit. Et quel plaisir que de manipuler une telle pièce en argent tous les matins! Ce qui ne gâche rien, la couronne est agréable à tourner et joliment finie grâce à un discret diamant qui fait office de cabochon.


Compte tenu de sa taille et de l'ouverture du cadran, la "Coin Watch" Silver Coin possède une forte présence sur le poignet. La montre intrigue, fascine voire impressionne du fait de l'impact visuel généré par l'aigle. Même si elle donne l'impression à son propriétaire d'être un membre de l'administration américaine en voyage diplomatique ou un sénateur en tournée électorale, je dois avouer que j'ai été très séduit par cette approche plutôt décalée de la "Coin Watch". Une fois de plus, il n'y a aucun détail original: ni la pièce, ni le mouvement ne sont exceptionnels. Mais l'originalité provient du résultat, de cette couleur argent dominante et de l'absence de compromis dû au caractère imposant de la pièce. Je la considère donc comme un très bel hommage, 50 ans plus tard, à la première "Coin Watch" de Corum.

Merci à l'équipe Corum pour son accueil à Baselworld.

Les plus:
+ l'utilisation de la Silver Coin 1 dollar qui donne une forte présence
+ l'intégration de la pièce dans le boitier grâce à la lunette discrète et raffinée
+ la couleur argent dominante
+ la façon dont le nom de la marque est inscrit, laissant la vue dégagée sur la pièce

Les moins:
- un mouvement à remontage manuel m'aurait beaucoup plus plu dans ce contexte