lundi 18 août 2014

Rolex: Deepsea à cadran D-Blue

N'importe quel responsable marketing dirait que c'est une pure folie de présenter une nouveauté horlogère en plein mois d'août. Cependant, Rolex est une marque à part et peut se permettre des choix inconcevables pour d'autres. Et pourtant, c'est bien la première fois que Rolex dévoile une nouveauté en dehors de la période de Baselworld. Nouveauté est peut-être un bien grand mot car la Deepsea à cadran D-Blue n'est qu'une déclinaison d'un modèle existant. Mais une fois de plus, les raisonnements habituels ne s'appliquent pas à la marque à la couronne: quel que soit le bout par lequel on prend cette montre, elle apparaît comme un véritable événement.


A vrai dire, j'ai perçu cette présentation comme une piqûre de rappel de la part de Rolex. Face à une concurrence de plus en plus crédible et féroce, Rolex a souhaité remettre les pendules à l'heure, si j'ose dire. Au-delà de la très légitime célébration de la plongée de James Cameron en solitaire, cette Deepsea à cadran D-Blue a pour but de confirmer la suprématie de Rolex dans le domaine des montres de plongée. Grâce à son cadran D-Blue, elle symbolise aussi l'extrême diversité de cadrans que Rolex est en mesure de proposer dans sa collection.

Ce n'est pas un hasard que la Deepsea retrouve une nouvelle jeunesse maintenant. Hublot et d'autres ont eu tendance à plonger dans de telles profondeurs. Dans un segment technique tel que celui des montres de plongée, ces montres de l'extrême servent de démonstration du savoir-faire des marques. Elles donnent confiance à la clientèle car lorsqu'on est capable de flirter avec les 4.000 mètres de profondeur, cela crédibilise énormément les montres de plongée à l'étanchéité plus classique. Rolex se devait de réaffirmer sa position et d'une certaine façon, accompagner le retour de la Sea-Dweller qui s'est opéré il y a quelques mois à Baselworld.


Même si elle joue un rôle important du fait de son rayonnement sur l'ensemble de la collection, la Deepsea à cadran D-Blue a également la mission de redonner une nouvelle dynamique spécifique à la montre dédiée aux eaux profondes. Souvent perçue par les amateurs de la marque comme une sorte de Sea-Dweller body-buildée, elle n'a pas généré lors de sa présentation un fort sentiment d'adhésion. Elle suscita beaucoup de respect du fait de ses performances et de ses solutions techniques (architecture Ringlock System avec valve à hélium, fond du boîtier en titane, système de rallonge Glidelock, affichage Chromalight sans oublier la maille Fliplock etc...) mais son gabarit (44mm de diamètre) et la conviction qu'elle était peu adaptée à un usage quotidien la rendaient aux yeux de la clientèle moins polyvalente qu'une autre Rolex de plongée... et ainsi moins désirable.


Je ne dis pas que la Deepsea à cadran D-Blue corrige cette impression. Sa taille et son volume hors norme demeurent. Mais voilà: le nouveau cadran ainsi que le contexte dans lequel elle est dévoilée lui apportent une touche de magie et de glamour dont elle manquait peut-être au départ. Elle raconte enfin une histoire ce qui réchauffe son aspect clinique. La symbolique du cadran est très simple à expliquer: le dégradé simule la plongée dans les profondeurs... et donc dans l'obscurité. Ce dégradé est particulièrement bien réalisé et il donne une  touche de subtilité bienvenue. Mais l'élément le plus important est sûrement le Deepsea vert (la couleur du sous-marin de James Cameron). Cette ligne est loin d'être anodine. Certains regretteront qu'elle rende le cadran encore plus bavard qu'il ne l'était au départ. Cela ne m'a nullement dérangé. La ligne supplémentaire s'intègre bien et joue même un rôle décoratif. Et elle réaffirme la Deepsea comme une montre à part entière et pas comme une remplaçante de la Sea-Dweller précédente. C'est opportun dans le contexte de la sortie de la nouvelle Sea-Dweller. La Deepsea existe maintenant en tant que telle dans la collection et c'est une affirmation majeure de la part de Rolex.


La Deepsea à cadran D-Blue que j'ai photographiée n'était pas à ma taille. Cependant ayant par le passé porté une Deepsea "noire", j'ai pu apprécier le confort au porté ce qui est une constante chez Rolex. Le poids est bien réparti sur le poignet et le système de réglage du bracelet empêche la montre de bouger. Le problème de la Deepsea se situe plus par l'effet de volume saisissant qu'elle crée une fois mise au poignet. Pourtant un diamètre de 44mm n'est pas exceptionnel de nos jours. Mais la montre dégage aussi un sentiment de puissance. Le cadran D-Blue l'adoucit un peu et je me suis surpris à jouer avec les effets de lumière pour découvrir son échelle chromatique relativement large. Ce cadran est assurément une très jolie surprise car il rend la Deepsea moins radicale en apportant son côté raffiné (j'ose employer cet adjectif!) à une montre qui se singularisait auparavant surtout par ses performances techniques. Une petite digression esthétique ne fait donc pas de mal!

Les plus:
+ les performances de la Deepsea
+ le confort au porté malgré le gabarit
+ la fiabilité et la précision du mouvement 3135
+ la touche de subtilité apportée par le cadran D-Blue

Les moins:
- du fait de son rendu au poignet, la montre n'est pas esthétiquement aussi polyvalente que d'autres modèles de plongée de Rolex
- le cadran est très bavard même si ce n'est pas rédhibitoire dans ce contexte technique

dimanche 17 août 2014

Bulgari: Bulgari Roma Edition Limitée 130ième anniversaire en or gris

Bulgari ne pouvait que choisir la Bulgari Roma pour célébrer son 130ième anniversaire par le bais d'une montre en série limitée. En effet, c'est bien à Rome, d'abord Via Sistina puis Via dei Condotti, que Sotirio Bulgari démarra son activité après avoir quitté sa Grèce natale. La Bulgari Roma fait partie des montres cultes de la marque, se distinguant par sa lunette caractéristique et par son boîtier dont la forme est inspirée par le Colisée. La réédition de l'année dernière présentée dans le cadre d'une série limitée de 250 pièces, m'avait plutôt séduit mais je n'avais pas été totalement convaincu en raison notamment de la présence d'un guichet de date sur le cadran. Mais cette année, je fus très agréablement surpris: la Bulgari Roma revient et cette fois-ci avec un mouvement à remontage manuel et un cadran totalement préservé.


En fait, ce n'est pas une montre mais trois qui furent dévoilées à Baselworld pour célébrer cet anniversaire: deux en or rose avec des cadrans laqués noirs ou blancs et une en or gris avec un cadran laqué bleu. Chacune de ces versions est produite en 130 exemplaires, anniversaire oblige. Pour des raisons purement esthétiques, c'est la version en or gris qui m'a le plus attiré. Au-delà de sa discrétion, elle apporte surtout une véritable offre alternative par rapport à la série limitée de l'année passée, disponible en or rose.

Est-ce mon amour pour Rome? L'attrait du cadran bleu? La pureté du cadran? A vrai dire, je ne sais pas trop mais je considère cette Bulgari Roma en or gris comme une des montres les plus élégantes de ces dernières années. Bulgari a su éviter de nombreux écueils et chose surprenante, résister à la tentation de créer une montre plus facile à vendre. Car les faits sont là: la clientèle dans son ensemble recherche beaucoup plus fréquemment des montres animées par des mouvements automatiques et la présence de la date semble quasi indispensable. Cette nouvelle Bulgari Roma est donc plus une montre d'esthète et de collectionneur ce qui la rend encore plus désirable.


Sa réussite esthétique s'explique par le sentiment d'harmonie et de cohésion qui est généré par la combinaison des trois principaux éléments:
  • la lunette qui définit le caractère de la montre et qui apporte la touche d'originalité grâce aux grandes lettres qui la décorent,
  • la forme incurvée du boîtier qui donne un léger effet de volume et qui accentue le contexte raffiné,
  • et le cadran, d'un bleu profond et subtil, qui tout en étant très pur, ne sombre pas dans l'ennui grâce aux chiffres et index appliqués et à la trotteuse centrale.
La Bulgari Roma cuvée 2014 n'est pas seulement une belle montre. Son contenu horloger se montre aussi à la hauteur grâce au mouvement à remontage manuel de manufacture BVL 131M. Ce mouvement à deux barillets possède une réserve de marche intéressante de 3 jours et une fréquence de 4hz. Il est plutôt agréable à regarder même si la découpe des ponts aurait pu être un peu plus délicate. Sa finition est sans reproche, nette et sans bavure mais son rendu est un peu froid. Je pense qu'il aurait été peut-être plus judicieux de proposer un fond plein avec une jolie gravure commémorative d'autant plus que la taille du mouvement est un peu petite pour le boîtier. Il n'y a cependant rien de compromettant puisque le mouvement conserve suffisamment d'intérêt pour se laisser dévoiler.


Le charme de la montre agit instantanément une fois mise au poignet. Sa taille est idéale pour une montre habillée (39mm), son style est élancé compte tenu de l'épaisseur maîtrisée (7,15mm) et la trotteuse centrale anime joliment le cadran. Selon l'inclinaison du poignet, le bleu du cadran se rapproche du noir ou s'éclaircit: j'aime beaucoup ces effets de lumière qui contribuent à l'intérêt de la pièce.

Je fus donc totalement séduit par cette Bulgari Roma en or gris. La montre partait avec un a priori très favorable compte tenu de mon amour pour la cité éternelle... mais j'aurais pu être plus facilement déçu pour les mêmes raisons. Elégante et charmante, elle possède les petits détails qui lui permettent d'échapper au conformisme sans oublier le rituel du remontage quotidien qui crée une interactivité et un lien affectif avec son propriétaire. Seul finalement manque sur Paris le beau soleil romain pour me permettre de profiter pleinement de cette montre d'esthète.


Les plus:
+ la pureté du cadran
+ l'originalité du boîtier et de la lunette
+ l'utilisation d'un mouvement à remontage manuel
+ l'harmonie créée par le bleu du cadran combiné avec la couleur neutre du boîtier

Les moins:
- un fond plein commémoratif aurait peut-être été plus judicieux
- le prix est tout de même élevé (18.400 euros en 2014) et la concurrence féroce sur ce segment

samedi 16 août 2014

HYT: H1 Dracula DLC

L'heure de la maturité et de la consolidation est arrivée pour HYT. La collection 2014 de la marque qui maîtrise le fluide horloger se distingue par plusieurs déclinaisons de la H1 ce qui témoigne pas forcément d'un manque d'ambition, bien au contraire. J'y vois plutôt la certitude que la fiabilité de la H1 est atteinte et que HYT se laisse le temps de développer de futurs modèles dans la sérénité. Compte tenu des contraintes liées au contrôle du comportement du fluide, cette pose est bienvenue. Pour autant, ces déclinaisons sont très intéressantes à analyser puisqu'elles revendiquent une véritable ambition esthétique. Dans ce contexte, la plus originale est assurément la H1 Dracula DLC. Elle n'est pas la seule H1 à profiter du liquide rouge mais elle va au bout du concept en adaptant l'intégralité de la montre, y compris le bracelet, à cette couleur.


Je ne vais pas revenir en détails sur le fonctionnement de cette H1 puisqu'il est identique à celui de la montre initiale telle que je l'avais présentée il y a un certain temps dans cet article. La réussite de la H1 Dracula DLC réside dans l'harmonie des couleurs qui y règne, par ce mélange de noir et de rouge qui met en valeur la couleur la plus vive qui est idéalement positionnée.

Le rouge se retrouve ainsi logé aux endroits clé de la montre: la graduation de l'aiguille des minutes, la trotteuse permanente, l'indicateur de réserve de marche, la couronne et bien évidemment dans le liquide qui sert à l'affichage. Je rappelle brièvement que le temps est indiqué grâce au parcours de ce liquide coloré dans un tube capillaire qui contient aussi un liquide neutre. La lecture s'effectue de façon similaire qu'avec une montre mono-aiguille rétrograde. Le cadran auxiliaire des minutes n'apporte en soi aucune indication complémentaire, il permet juste l'affichage plus précis des minutes. Comme le liquide coloré progresse de façon continue, sa position entre deux index des heures donne une approximation des minutes écoulées.


Deux éléments contribuent à renforcer le rendu "sanguin" du liquide au-delà de sa  lente évolution dans le tube qui donne l'impression que sa consistance est visqueuse:
  • le contexte noir de l'ensemble et notamment du boîtier en titane sur lequel un revêtement DLC a été appliqué.
  • et surtout la couleur des nervures du bracelet.
C'est d'ailleurs ce point précis qui rend la montre si particulière. A vrai dire, le liquide semble dégouliner sur le bracelet, lentement et sûrement, s'échappant du boîtier par le haut et par le bas. L'effet est saisissant et j'ai rarement vu un bracelet cuir être aussi bien mis en scène. La question du remplacement de ce dernier se pose  lorsqu'il sera usé. Certes un bracelet caoutchouc noir est également livré mais il casse un peu le concept de la montre. J'espère donc qu'HYT a prévu des stocks de bracelets pour pouvoir répondre aux futures demandes des 50 clients de cette pièce.

Le sang s'échappe du boîtier...


La dominante noire a de plus une autre vertu: elle réduit comme de coutume la perception de la taille ce qui n'est pas superflu compte tenu du diamètre du boîtier de 48,8mm. Elle ne peut rien en revanche contre l'épaisseur de 17,9mm qui demeure incontournable une fois la montre mise au poignet. Cependant, la générosité du gabarit correspond bien à l'idée d'une montre qui évoque Dracula. Pour être terrifiant, il vaut mieux posséder un caractère imposant! En tout cas, le diamètre, quelle que soit la déclinaison de la H1, ne m'a jamais posé de problème puisque la montre est bien positionnée sur le poignet et ne bouge pas même en le remuant. Et puis, c'est l'effort à concéder pour profiter pleinement de la forme du tube capillaire et du spectacle offert par "la machinerie" des soufflets des réservoirs qui propulsent les liquides rouge et neutre dans un sens ou dans l'autre. Je retrouve aussi avec plaisir à l'arrière de la montre l'architecture inhabituelle du mouvement à remontage manuel développé avec Chronode dont le style se ressent dans la forme des ponts.

...et dégouline tout le long du bracelet:


La H1 Dracula DLC est ainsi une version fort convaincante de la première montre de HYT. Elle profite pleinement de la couleur du liquide et du prolongement créé par les nervures du bracelet pour créer une atmosphère particulière. Elle évite cependant d'être lugubre ou dérangeante. Au contraire, j'ai trouvé qu'il s'en dégageait une certaine énergie. Tout comme les vampires, la H1 retrouve une nouvelle jeunesse grâce à une petite cure de sang!

Merci à l'équipe de HYT pour son accueil à Baselworld.

Les plus:
+ une déclinaison cohérente de la H1
+ l'effet visuel créé par les nervures du bracelet
+ la réduction de la taille perçue compte tenu de la dominante noire
+ le plaisir de retrouver le mouvement exclusif développé par Chronode

Les moins:
- l'épaisseur demeure conséquente
- compte tenu du rôle joué par le bracelet cuir, il est important de ne pas perdre de vue son remplacement

mardi 12 août 2014

Equation du Temps sur Instagram

En attendant de revenir au rythme habituel des articles, j'ai réactivé le compte Instagram d'Equation du Temps. N'hésitez pas à le suivre car j'y publie fréquemment mes très nombreux wristshots... avec l'Instagram Touch bien entendu! Le compte n'a pas la même dimension que le blog car jouant sur la dimension visuelle uniquement. Cependant, il possède une vocation similaire: celle de vous faire partager ma passion pour l'horlogerie et de vous faire découvrir des montres d'exception. J'espère donc pour retrouver également sur Instagram!

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A très bientôt pour de nouveaux articles!

François-Xavier