lundi 31 août 2015

Le SIHH va accueillir 9 marques indépendantes en 2016 au sein du Carré des Horlogers

A l'initiative de la Fondation de la Haute Horlogerie, 9 marques indépendantes, et non des moindres (Christophe Claret, De Bethune, H. Moser & Cie, Hautlence, HYT, Kari Voutilainen, Laurent Ferrier, MB&F et Urwerk), vont rentrer dans le saint des saints horloger, le SIHH lors de sa prochaine édition en janvier 2016. Il s'agit véritablement d'un événement majeur qui selon moi, aura des répercussions positives pour toutes les parties.


Depuis de nombreuses années, la semaine du SIHH ne démarrait pas le lundi mais bien le dimanche voire même le samedi pour les plus courageux avec les présentations des marques indépendantes dans les hôtels du centre de Genève. Et il faut bien l'avouer, l'organisation du SIHH devait de plus en plus tenir compte de ces présentations parallèles en essayant de regrouper les brebis (détaillants, journalistes, blogueurs et collectionneurs) égarées qui malgré les invitations officielles du Salon n'hésitaient pas à s'éparpiller dès que possible en dehors de Palexpo. Le Carré des Horlogers, nouvel espace de 1.500 m2 au sein du SIHH, remet l'église au centre du village: l'événement, c'est le SIHH et pas les rendez-vous dans les hôtels. Amusant d'ailleurs que ce terme de "Carré des Horlogers"... un peu comme si les marques autour avaient perdu cette proximité avec le métier de base du secteur d'activité. On y sent presque l'aveu que les marques traditionnelles du SIHH étaient devenues avant tout de grandes machines.


L'arrivée de ces 9 nouvelles marques indépendantes (même si deux d'entre elles appartiennent au même groupe, MELB de Georges-Henri Meylan qui fait ainsi son grand retour au SIHH) est en tout cas une excellente nouvelle pour toutes les parties.

Pour les 9 marques d'abord qui vont pouvoir profiter des parfaites logistique et organisation du SIHH. Elles vont également tirer parti de l'exposition incomparable du SIHH. Car le SIHH demeure un salon à taille humaine et il est beaucoup plus facile d'être audible dans un concert de 24 marques qu'à Baselworld où des centaines et des centaines de marques communiquent en même temps. D'ailleurs, il est intéressant de remarquer que certains de ces nouveaux participants avaient déjà tendance à présenter plus de nouveautés pendant la semaine du SIHH que pendant Baselworld dans la pure logique d'une meilleure visibilité. 


Pour le SIHH ensuite qui trouve avec le Carré des Horlogers une impulsion dynamique et une façon intelligente de s'étendre et de s'ouvrir sans abandonner ses critères d'exclusivité. Car il faut bien l'avouer, le plateau est véritablement impressionnant et extrêmement diversifié. L'horlogerie classique est à l'honneur avec Laurent Ferrier, Kari Voutilainen, Moser, l'horlogerie créative est représentée avec Urwerk, HYT, MB&F et Hautlence tandis que De Bethune et Christophe Claret peuvent être considérés comme des synthèses de ces deux dimensions. Le SIHH ne peut que tirer profit de ces marques qui, si elles n'ont pas auprès du grand public la même résonance que les acteurs généralistes de Richemont n'en demeurent pas moins des références auprès des collectionneurs en termes de finition, d'innovation technique ou d'audace esthétique. Elles sont même plus que cela: elles peuvent initier des tendances ce qui ne peut être que réjouissant face à certaines marques qui veillent à minimiser les risques et dont la démarche créative ne soutient que des business plans calibrés. Un peu d'excitation ne pourra donc pas faire de mal dans un Salon dont l'offre de ces dernières années, certes de qualité, m'est apparue comme manquant de véritables surprises.


Enfin, l'ouverture du Carré des Horlogers est une excellente opportunité de rencontres et d'échanges entre les équipes. J'ai toujours pensé que la remarquable organisation du SIHH avait un revers pour le personnel des marques présentes: le manque de contacts avec la concurrence et de stimulation liée à l'observation des créations des horlogers, petits ou grands. C'est la force de Baselworld, cette effervescence, ce mélange, cette ouverture, ce sentiment de passer en quelques secondes d'une marque à 800.000 montres par an à un horloger qui en fabrique 10. Le Carré des Horlogers est une formidable vitrine de l'inventivité, de l'inspiration et de la réactivité des "petites" marques. Cette présence ne peut que profiter et donner des idées aux marques établies qui elles aussi ne manquent pas de talents, peut-être soumis à plus de contraintes pour s'exprimer totalement. Si la Carré des Horlogers contribue à libérer les énergies du SIHH, ce qui apparaît comme une excellente nouvelle se transformera en véritable réussite.


J'attends donc de découvrir avec une très grande impatience ce SIHH 2016 qui s'annonce d'ores et déjà comme propice à des oppositions de style et à des rencontres étonnantes.

dimanche 30 août 2015

Zannetti: Piranha Scuba

L'influence des oeuvres et les travaux des artistes et artisans se ressentent dans chaque recoin et ruelle de Rome qui peut être considéré comme un véritable musée à ciel ouvert. Les époques et les styles se mélangent pour définir une atmosphère unique qui nous surprend et nous charme lorsqu'on flâne dans la ville éternelle. Les métiers d'art ont donc contribué à la façonner et Riccardo Zannetti s'évertue à perpétuer cette tradition. Les très belles horloges et clepsydres romaines lui ont sûrement donné l'envie de se lancer au début des années 80 dans la production de ses propres montres et depuis, Riccardo Zannetti a développé sa marque qui se distingue par la singularité de son approche décorative.

Riccardo Zannetti devant sa boutique et son atelier:


Il est fascinant et presque insolite de pouvoir rencontrer de nos jours en plein centre d'une capitale européenne des artisans qui oeuvrent à la production de cadrans, de boîtiers et autres éléments constitutifs d'une montre. C'est ce qui se passe avec l'atelier Zannetti qui réunit plusieurs métiers d'art via di Monte d'Oro à quelques pas du Palazzo Borghese. En pénétrant dans cet atelier, nous découvrons des émailleurs, des graveurs, des guillocheurs, des peintres qui créent la touche originale des montres Zannetti en suivant soit les indications du maître des lieux soit les souhaits des clients qui profitent de la capacité de la marque à personnaliser ses produits.

Une partie de l'atelier:


Paradoxalement, c'est une montre sportive et de plongée, fort éloignée du contexte habituel de la collection qui est en train de révéler le talent de Riccardo Zannetti à un public plus large. La Piranha Scuba, dévoilée en 2013, est une pièce imposante, extrêmement virile mais qui fort heureusement n'oublie pas de mettre en valeur les décorations des cadrans. En fait, la Piranha Scuba peut paraître pour le moins étrange. Généralement, les cadrans émaillés, nacrés ou peints sont réservés aux  montres plus habillées. Zannetti casse ces codes pour nous surprendre et proposer une montre de plongée qui sort des principes et canons du genre. Certes, la Piranha Scuba est disponible avec un cadran traditionnel de montre de plongée. Mais ce serait fort dommage d'acquérir une montre Zannetti sans profiter du plus apporté par le cadran décoré.

Le fond du boîtier de la Piranha Scuba est en cours de réalisation:


S'il existe une montre qui n'a pas besoin d'avoir son nom d'inscrit sur le cadran, c'est bien celle-là. Car quelle que soit la version décorée, un imposant piranha occupe au choix toute la largeur ou toute la hauteur du cadran. A lui seul, il justifie le diamètre de 51,30mm du boîtier. L'image d'agressivité du piranha est ainsi cohérente avec le gabarit impressionnant de la pièce qui lui-même donne suffisamment de place sur le cadran pour que la maîtrise des artisans de Zannetti s'exprime. La Piranha Scuba n'est donc pas seulement une montre puissante comme le suggèrent son diamètre, son épaisseur et sa couronne. Elle est également une montre ostentatoire voire même provocante ce qui la rend d'autant plus intéressante dans un paysage horloger très formaté. Elle est la représentation typique de ce qu'est une montre sans concession et sans demi-mesure. Zannetti s'adresse à une clientèle de conviction et cela se manifeste de façon évidente dans ce cas précis.


L'état d'esprit viril et déterminé, s'il est nécessaire, n'est pas suffisant pour porter une telle montre. Il faut que la taille du poignet suive même si les cornes relativement courtes s'adaptent bien. Au bout du compte, c'est une question de style et d'harmonie. La Piranha Scuba portée par une personne au poignet fin deviendrait complètement hors de propos et l'épaisseur (16mm) n'arrangerait pas cette situation.

En revanche, portée dans le bon contexte et au poignet adapté, la Piranha Scuba permet d'apprécier le travail réalisé sur le cadran. Plusieurs finitions sont disponibles: émail champlevé translucide, nacre, peinture sur ivoire de mammouth, squelettage, les possibilités sont multiples sans oublier la faculté qu'a Riccardo Zannetti de proposer un autre motif. La montre sur les photos correspond à la version à cadran peint sur ivoire de mammouth. La qualité de l'exécution est irréprochable tout en conservant un rendu artisanal, la peinture étant apposée par de multiples petites touches dans des zones bien délimitée.


Le cadran ne doit cependant nous faire oublier les performances de la montre. Etanche à 500 mètres, elle offre un boîtier bien fini en acier brossé avec des contours polis. La manipulation de la lunette unidirectionnelle est tout à fait satisfaisante avec le bon dosage de dureté et les aiguilles assurent une très bonne lisibilité  même en plein jour lorsque la décoration du cadran est complétement visible. La couronne est aussi facile à utiliser compte tenu de sa taille. L'autre point positif de la montre est le fond joliment gravé avec un double piranha autour d'un trident. Taille du piranha oblige, je regrette juste l'absence d'un index luminescent à 9 heures compte tenu de la vocation de la  pièce.

L'approche artisanale de la décoration du cadran:


Le mouvement qui équipe la Piranha Scuba est archi-connu puisqu'il s'agit de l'ETA 2824. Son emploi est rassurant quant à la pérennité de la montre car sa large diffusion lui assure une faculté d'intervention sur de très nombreuses années. Il est de plus éprouvé et fiable.


Je fus donc très agréablement surpris par la Piranha Scuba. Certes, l'observation initiale crée un choc compte tenu du gabarit de la pièce. Mais une fois ce premier sentiment passé, j'ai pu apprécier la cohérence de l'ensemble et au bout du compte la belle mise en valeur du cadran. Le rendu artisanal est appréciable et renforce l'originalité et l'exclusivité de la montre. Une montre exclusive de caractère pour clients de caractère dont la principale vertu est de mettre sous les feux des projecteurs le travail sincère de Riccardo Zannetti et de son équipe.

Une autre version de la Piranha Scuba, à cadran squeletté avec un mouvement spécialement préparé pour:


Merci à l'équipe Zannetti pour son accueil à Rome.

Les plus:
+ une montre de plongée extrêmement originale dans le paysage horloger
+ la présentation du cadran
+ la manipulation de la lunette et de la couronne
+ le confort au porté pour ceux qui ont le poignet adapté

Les moins:
- le diamètre et l'épaisseur du boîtier
- l'absence d'index à 9 heures lorsque le piranha est horizontal

dimanche 23 août 2015

Jaeger-LeCoultre: Master Calendar cadran météorite

La Master Calendar est un grand classique de Jaeger-LeCoultre, trouvant sa source d'inspiration dans la montre historique à calendrier de 1945. Etrangement, les montres à calendrier complet ne sont pas si fréquentes que cela dans l'offre actuelle des marques. Ces dernières ont en effet tendance à proposer des calendriers perpétuels ou annuels pour des raisons pratiques vis-à-vis de leurs clients et compte-tenu évidemment des prix de vente plus élevés. Heureusement, certaines manufactures traditionnelles comme JLC les conservent dans leurs catalogues. Cumulant l'affichage du jour de la semaine, du mois, du quantième et des phases de lune, la montre à calendrier complet ne gère en revanche aucun passage au mois suivant. Un réglage manuel est donc nécessaire dès que le mois qui s'écoule ne fait pas 31 jours ce qui après tout n'arrive que cinq fois par an. Rien d'insurmontable donc.


La Master Calendar est le prototype même de la montre d'aspect classique qui fleure bon la tradition. L'organisation de son cadran respecte les principes du genre avec les guichets du jour et du mois dans la partie supérieure et l'indicateur des phases de lune dans le sous-cadran inférieur. La Master Calendar fait partie des montres qui affichent le quantième par le biais d'une aiguille centrale à croissant de lune qui suit une graduation périphérique. J'aime beaucoup cette solution qui rend la lecture des quantième plus aisée que dans le cas où ils sont positionnés autour du sous-cadran des phases de lune. L'autre vertu est d'équilibrer le cadran.

Avec un diamètre de 39mm, la Master Calendar n'avait de toutes les façons pas besoin d'être véritablement rééquilibrée. Elle dégage le sentiment d'offrir des proportions harmonieuses avec une épaisseur contenue (10,6mm) et une taille cohérente avec son style. Car ce style est résolument classique et certains pourront même le trouver suranné voire poussiéreux. C'est dans ce contexte qu'interviennent les déclinaisons en or rose et en acier à cadran météorite proposées lors du SIHH 2015.


Comme cela arrive souvent, un détail change et la montre est transformée. Le cadran météorite est bien entendu plus qu'un détail et il propulse littéralement la Master Calendar là d'où il vient: dans les étoiles. JLC a découpé avec délicatesse un bloc de météorite trouvé en Suède et en provenance de la ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter. Les fines plaques ainsi crées deviennent bien plus que des cadrans. Elles apportent une animation, jouent avec les affichages et les reflets de lumière. Les effets de contraste sont surprenants et changeants. Selon les conditions d'éclairage, les parties sombres deviennent lumineuses et réciproquement. La texte du cadran, irrégulière, est magnifique à observer et contrairement à ce que je pensais, ne nuit pas à la lisibilité des quantièmes. Elle donne de plus le sentiment au propriétaire de la montre d'être face à un cadran unique compte tenu des motifs particuliers. A la lumière du jour, la montre est ainsi en perpétuel mouvement faisant penser un peu à un comportement de cristaux liquides de taille et de forme différentes qui s'allument et s'éteignent. La Master Calender adopte en définitive un style plus contemporain alors que son contexte de départ est très traditionnel. 


L'emploi de ces plaques de météorite, qui est un joli clin d'oeil à l'affichage des phases de lune, est par conséquent une excellente idée et il est important de souligner que JLC le propose à la fois pour les montres en acier et en or rose. J'ai une préférence pour cette dernière version, l'or rose apportant sa chaleur et se mélangeant subtilement avec la texture du cadran. Mais la version en acier n'en demeure pas moins réussie. Elle est à la fois discrète du fait de ses couleurs neutres et très animée pour les raisons évoquées plus tôt. 

La couleur du croissant n'est pas la même entre les deux versions ce qui est un excellent point:


Dans tous les cas, le calibre automatique  866 de manufacture d'une fréquence de 4hz et d'une réserve de marche d'une quarantaine d'heures reprend du service. Sa présentation plutôt austère est heureusement rehaussée et égayée par les vis bleuies et la partie périphérique en or de la masse oscillante. Sa conception est récente puisqu'il remplaça le calibre 924 il y a deux ans. Je regrette donc que la réserve de marche n'ait pas été augmentée afin de correspondre aux standards d'aujourd'hui même si son efficacité du remontage automatique est incontestable.

Sous le soleil de Rome:


La Master Calendar à cadran météorite reste toutefois une montre passionnante qui trouve un parfait équilibre entre son  contexte classique et l'énergie provoquée par les reflets du cadran. Elle permet ainsi un regard nouveau sur cette catégorie de montres à calendrier complet et invite notre esprit à se promener dans les étoiles. Au bout du compte, la dimension poétique prend le pas sur les contraintes et obligations de notre vie moderne symbolisées par les affichages calendaires.


Les plus:
+ la beauté du cadran en météorite
+ l'affichage périphérique des quantièmes
+ la taille bien proportionnée
+ la disponibilité du cadran y compris sur la version en acier

Les moins:
- une réserve de marche un peu courte
- une présentation du mouvement plutôt austère

mercredi 19 août 2015

Audemars Piguet: Royal Oak 15400 Bicolore

Une des tendances les plus surprenantes de ces dernières années est le retour en force des montres bicolores compte tenu des demandes fortes de certains marchés. Audemars Piguet ne pouvait pas rester en retrait et ce d'autant plus la Royal Oak a déjà fait l'objet d'un tel exercice de style par le passé. En toute logique, c'est la dernière venue, la 15400, qui sert de base à cette déclinaison.

Je dois avouer que je ne suis pas un grand amoureux des montres bicolores. Elles me donnent l'impression d'hésiter entre deux approches: la neutralité de l'acier et la chaleur de l'or. Quitte à utiliser de l'or, autant le faire franchement. D'ailleurs, la Jumbo Full Gold est une des plus belles montres  en or que je connaisse, raffinée avec juste ce qu'il faut d'éclat. Du bling assumé, élégant et distingué.


Mais revenons à la 15400. Et là encore, je suis face au même problème: si la 15300 m'apparaît comme une réussite grâce à sa taille maîtrisée (39mm) qui correspond à la fois au style Royal Oak (dont la taille perçue est supérieure à la taille réelle) et au diamètre du calibre 3120, la 15400 avec ces deux millimètres supplémentaires me semble trop imposante, voire disproportionnée. Tout est donc réuni pour que cette 15400 Bicolore rejoigne la liste des ratages horlogers.


Et puis finalement non. Il se passe quelque chose de très particulier dans cette montre qui la rend à la fois désirable et qui lui permet même de concourir au titre de la meilleure version de la 15400! J'essaye de comprendre pourquoi et je pense au bout du compte que l'explication est très simple. En fait, les parties en or du boîtier ont été sélectionnées avec intelligence: la lunette et les maillons verticaux du bracelet. En d'autres termes: des éléments essentiels du design de la Royal Oak tel qu'imaginé par Gérald Genta. La réussite de cette montre réside dans sa faculté à mettre en valeur ces éléments stylistiques. Je pourrais évoquer l'apport chaleureux de l'or. Mais comme je l'ai expliqué précédemment, ce n'est pas ce que je retiens en premier. La lunette se détache nettement et la structure complexe et magique du bracelet apparaît de façon encore plus claire. C'est la raison pour laquelle je trouve que l'approche bicolore prend ici tout son sens.

Le mouvement 3120 dans le boîtier de la 15400, ici la version acier:


Après, je peux prendre le problème par tous les sens, je continue toujours à considérer la 15400 comme trop grande et le mouvement trop petit pour le boîtier quand il est observé à travers le fond transparent. Mais le plaisir de voir cette lunette octogonale prendre le premier rôle mérite bien quelques concessions. Enfin, la taille a tout de même une vertu: l'épaisseur du boîtier demeurant très raisonnable (9,5mm), la montre présente un style plutôt élancé.

Les performances du mouvement 3120 sont, sans aucune surprise, habituelles avec une fréquence de 3hz et une réserve de marche d'une soixantaine d'heures. J'aime toujours autant le rendu de sa masse oscillante et son pont de balancier traversant. Dommage que la largeur de la zone non transparente à l'arrière du boîtier gâche un peu le spectacle.


La 15400 Bicolore n'en demeure pas moins la parfaite démonstration qu'il ne faut pas avoir des idées préconçues. Alors que cette montre partait dans mon esprit avec de lourds handicaps, elle finit par me séduire grâce à l'utilisation esthétiquement judicieuse de l'or. Une montre bicolore convaincante.


Les plus:
+ la mise en valeur d'éléments esthétiques essentiels de la Royal Oak
+ le style élancé
+ les finitions d'ensemble
+ les performances du mouvement 3120

Les moins:
- la taille imposante de la 15400
- le mouvement est perdu dans le boîtier