mercredi 22 mars 2017

Parmigiani: Toric Chronomètre

Je vais vous faire un aveu: malgré ses qualités, je suis plutôt insensible à la Tonda 1950. Peut-être que je la trouve trop sage malgré l'intérêt de son mouvement à micro-rotor. Avant le SIHH 2017, je me retrouvais donc dans la situation où Parmigiani avait du mal à me convaincre dans son entrée de gamme et dans son offre de montres à 3 aiguilles. Mais tout a changé avec la présentation de la Toric Chronomètre. Certes, comme elle n'est actuellement disponible qu'en or, son prix se situe bien au-delà de la Tonda 1950 en acier. Mais elle devient une proposition crédible dans le segment très encombré des montres simples de haute horlogerie.


La Toric, première montre dessinée par Michel Parmigiani, est généralement dédiée aux complications prestigieuses de la marque. Cependant, la simplicité lui va à ravir et elle a même tendance à profiter pleinement de cette approche très épurée. Le style Topic possède en effet des éléments caractéristiques comme sa lunette cannelée et ses aiguilles Javelot et ces éléments sont mis en valeur par cette sobriété de bon ton. Certes la luminescence sur les aiguilles peut surprendre dans le contexte d'une montre habillée alors que les autres composantes de la lecture du temps n'en possèdent pas. Mais ce détail est bien à l'image de ce qu'est cette Toric: sage mais pas trop. De plus, la position des aiguilles suffit à deviner l'heure dans le noir même en l'absence de repères.


Le travail sur le boîtier, disponible en or gris ou en or rose, est particulièrement réussi. La lunette cannelée attire immédiatement le regard mais elle ne doit pas faire oublier les lignes élancées du boîtier. Avec un ratio diamètre (40,8mm) sur épaisseur (9,5mm) plutôt élevé, la montre semble fine sans toutefois perdre du caractère et de la présence sur le poignet. J'aime le travail sur les cornes qui sont à la fois galbées et nerveuses. La cannelure est dans le contexte de la Toric Chronomètre simple et étroite alors que certaines Toric compliquées du passé pouvaient en proposer des doubles et rendre la lunette épaisse. De fait, l'ouverture du cadran est ici harmonieuse contribuant à la sensation générale d'équilibre.


Le cadran est faussement simple et permet aussi de retrouver des détails typique du style Toric comme la forme des chiffres. La minuterie périphérique est  allégée afin d'aérer le cadran. Elle offre ainsi une excellente lisibilité et devient le complément idéal de la grande trotteuse qui prend tout son sens dans une montre chronomètre.  Deux couleurs de cadran sont disponibles avec les deux matériaux du boîtier: soit blanc grené, soit noir. Le cadran grené est très intéressant car il apporte une petite touche d'originalité du fait de sa texture. J'ai également apprécié son rendu "ivoire" qui lui permet de se marier particulièrement bien avec le boîtier en or rose. Le cadran noir est plus traditionnel et son meilleur compagnon est le boîtier en or gris. Dans chacun des cas, Parmigiani prit la décision d'insérer un guichet de date à la forte présence visuelle. Le guichet de date, je m'en passe aisément et je pense que cette montre à l'esprit chronométrique aurait pu exister sans. Comme toujours, les contraintes commerciales et l'aspect pratique imposèrent sa présence. Le guichet se détache nettement du cadran pour plusieurs raisons: sa couleur contraste avec celle du cadran, il est particulièrement large et il est joliment entouré par une fine applique en or rose. Je n'aime généralement pas ces guichets en éventail qui affichent plusieurs chiffres mais la recette fonctionne ici. D'abord parce que ce type de guichet est cohérent avec le style Parmigiani, ensuite parce qu'il est à l'image de la Toric Chronomètre en apportant une touche de caractère. Les aiguilles Javelot et la trotteuse au contre-poids en croissant de lune complètent avec élégance et singularité le spectacle réussi proposé par le cadran.


Les designers ont bien travaillé puisque côté cadran, je n'ai pas ressenti le fait que le mouvement PF331, d'un diamètre de 25,6mm est petit pour le boîtier. C'est évidemment visible à l'arrière de la montre qui propose un fond transparent, sans que cela soit véritablement choquant. L'utilisation du mouvement PF331 est un gage de fiabilité et de pérennité. Ce mouvement de base est utilisé depuis plus de 15 ans par Parmigiani et il a fait ses preuves sur la durée. Il est équipé d'un double-barillet dont l'objectif principal est de donner du couple, plus que d'augmenter la réserve de marche (de 55 heures). Sa fréquence est de 4hz. Il est décoré avec sobriété et avec soin. J'apprécie notamment la décoration de la masse oscillante en or et la continuité des Côtes de Genève. L'indication "chronomètre" pourtant présente côté cadran se retrouve aussi à l'arrière de la montre. Une preuve que la certification COSC est un élément important dans la démarche de Parmigiani.


Mes versions préférées de la Toric Chronomètre sont celles à cadran blanc grené en or rose et à cadran noir en or gris. L'une est chaleureuse, l'autre est sobre et discrète. Cependant, chaque version possède suffisamment de charme pour être séduisante. Dans tous les cas, j'ai été très convaincu par ce cocktail bien dosé entre simplicité et originalité. Le parcours de la grande trotteuse procure beaucoup de plaisir et les détails du boîtier et du cadran rendent la montre passionnante à observer. Une vraie réussite de la part de Parmigiani.


Merci à l'équipe du Salon Parmigiani de Paris - Palais Royal.

Les plus:
+ une réussite esthétique combinant élégance et originalité
+ le mouvement PF331, fiable et éprouvé
+ la certification COSC

Les moins:
- le mouvement est petit pour le boîtier

mercredi 15 mars 2017

F.P. Journe: Tourbillon Souverain Lapis Lazuli

J'ai eu l'occasion récemment de voir une très belle version du Tourbillon Souverain de F.P. Journe avec un cadran en lapis lazuli. Je souhaitais partager avec vous quelques photos de cette montre exceptionnelle. Tout d'abord, un Tourbillon Souverain n'est pas une banale montre à tourbillon. Il s'agit, selon moi, de la pièce la plus iconique de la collection de F.P. Journe. Elle fut la première montre de François-Paul Journe présentée dans le contexte du lancement de sa marque en 1999. Mais ce n'est pas tout. Elle fut également la première montre-bracelet à tourbillon comportant un remontoir d'égalité.

Le superbe cadran en lapis lazuli:


En fait, c'est tout le talent de François-Paul Journe qui s'y exprime avec un double objectif: obtenir la meilleure chronométrie tout en assurant une parfaite régularité de marche. Depuis, le Tourbillon Souverain s'est enrichi d'une seconde morte et cette complication n'est pas anodine puisque cohérente avec les objectifs initiaux. Elle permet de compléter la précision du fonctionnement par la précision de l'affichage car la trotteuse ne bouge que lorsque la seconde est écoulée. Au-delà de l'intérêt technique de la seconde morte, elle conduit à une très belle animation du cadran qui met en scène deux mouvements bien distincts: celui de la trotteuse, saccadé et celui du tourbillon dont la cage effectue une révolution complète en une minute et de façon continue. 


L'organisation du cadran semble classique de prime abord et extrêmement rationnelle avec l'indicateur de la réserve de marche au sommet et la trotteuse en bas. Ce qui est en revanche plus original, c'est la façon dont le sous-cadran d'affichage du temps crée une symétrie avec la zone dédiée au tourbillon. Les deux éléments se font face horizontalement renforçant ainsi la réussite esthétique de l'ensemble. Même si le cadran est bien occupé, il se dégage un sentiment d'une grande pureté et d'un soin extrême accordé aux détails. 

Le remontoir d'égalité occupe une place importante du mouvement:


Le mouvement 1403 en or 18 carats est un des plus beaux mouvements à tourbillon à remontage manuel. Son intérêt est d'offrir une vue spectaculaire et inhabituelle sur le remontoir d'égalité à l'arrière de la montre proposant ainsi une animation particulière alors que dans la majorité des cas, les mouvements à tourbillon sont plutôt inertes puisque l'organe réglant se trouve côté cadran. Dans la version initiale du Tourbillon Souverain, l'animation du remontoir d'égalité était aussi visible côté cadran. Cette animation a été remplacée par la seconde morte depuis. Le mouvement 1403, dont les finitions répondent évidemment aux critères de qualité et d'exigence de la marque, propose une réserve de marche de 42 heures (telles qu'indiquées sur l'affichage au sommet du cadran) pour une fréquence de 3hz.


L'autre point que j'apprécie beaucoup dans cette montre est son diamètre contenu. Même s'il a existé en 38mm, les 40mm de la version actuelle demeurent très raisonnables et contribuent à l'élégance de l'ensemble. Le boîtier en platine est d'un grand confort, les cornes épousant habillement les formes du poignet.

La taille du boîtier est parfaite pour mon poignet:


La version à cadran lapis lazuli m'a séduit dès le premier coup d'oeil. Certes, le bleu est ma couleur favorite mais c'est plus la subtilité du rendu du cadran qui m'a convaincu. Même si elle ne propose pas la même harmonie entre le cadran bleu et le boîtier en tantale de la version Only Watch 2015, j'ai toutefois tendance à la préférer car le lapis lazuli dégage un charme incomparable. De toutes les façons, quelle que soit sa version, en platine ou en or rose, le Tourbillon Souverain reste une pièce maîtresse et un des plus beaux tourbillons du marché dans le segment de la haute horlogerie.

lundi 13 mars 2017

Cartier: Drive Extra-Plate

Il y a une sorte de tradition chez Cartier: chaque boîtier phare du catalogue subit un traitement esthétique lui donnant un aspect plus fin et élancé afin de lui permettre d'héberger le mouvement à remontage manuel 430 MC. Les résultats sont souvent très convaincants car à travers cette démarche, je retrouve pleinement le Cartier que j'aime, élégant, simple et raffiné.

Lorsque le boîtier Drive fut présenté en 2016, j'imaginais déjà ce que pourrait être une telle montre. La forme du boîtier (que je pourrais qualifier de coussin de caractère!) recelait en effet un très grand potentiel. En réduisant la taille, en modifiant légèrement les proportions, une Drive à remontage manuel pouvait dans mon esprit incarner une parfaite montre de dandy. Un an plus tard, mon voeu est exaucé: Cartier vient de dévoiler lors du SIHH 2017 la Drive Extra-Plate et le moins que je puisse dire est qu'elle répond totalement à mes attentes.


Le travail sur le boîtier est plus complexe qu'il n'y paraît. Il ne s'agit pas d'une simple réduction de taille et d'épaisseur. Cartier a également travaillé sur les volumes  transformant ainsi légèrement le style de la Drive initiale. L'effet "galet" s'estompe et en diminuant la hauteur du boîtier, Cartier dut également revoir la courbure du verre. La raison est simple: si le verre avait conservé sa forme originale, la montre aurait semblé déséquilibrée en donnant trop d'importance au saphir par rapport au boîtier. Evidemment, nous pouvons regretter cette modification de l'esprit de la Drive car  ses rondeurs et ses courbes font partie de son charme. Mais je dois avouer que je ne fus nullement dérangé par cette évolution. Tout d'abord, elle permet à la montre de respecter le critère de l'extra-plat: avec une hauteur de boîtier de 6,6mm, la Drive Extra-Plate offre un résultat tout à fait satisfaisant... tout en conservant assez d'épaisseur pour ne pas perdre de présence sur le poignet. Ensuite, en devenant plus plat, le verre capte moins les reflets et rend ainsi le cadran plus lisible.


La réduction de la taille est significative. Le boîtier perd 2mm en largeur et en longueur (38x39mm vs 40x41mm pour la Drive Automatique) ce qui est conséquent et visible à l'oeil nu. Cette réduction est amplifiée par la forme du boîtier et lorsque nous mettons la Drive Automatique et la Drive Extra-Plate côte à côte, la différence de taille semble bien plus importante que les simples mesures ne l'indiquent. Cependant, je considère les dimensions de la Drive Extra-Plate comme une excellente nouvelle. J'ai tendance à trouver la Drive Automatique un peu grande et surtout, la montre gagne en raffinement. Une fois mise au poignet, elle offre un rendu équilibré qui lui permet d'être portée par tout type de poignet, y compris les poignets féminins. L'autre bonne surprise due aux proportions harmonieuses est que la Drive Extra-Plate évite l'effet "oeuf sur le plat" malgré la cure d'amaigrissement impactant de plus de 4mm la hauteur du boîtier.


Cartier ne s'est pas contenté de travailler sur le boîtier. Le cadran subit aussi d'importantes modifications. Les parties guillochées disparaissent tout comme le guichet de date et la trotteuse (le mouvement 430 MC n'en possède pas). Le cadran argenté est homogène, aux finitions satinées et soleillées. En revanche, les aiguilles glaive sont conservées. La question qui se pose est de savoir si le cadran ne manque pas d'animation. Et lorsque j'ai porté cette montre, je n'ai pas eu cette sensation. Le cadran comporte suffisamment de reflets pour éviter de sombrer dans l'ennui. Les dimensions plus contenues rendent les parties vides moins présentes visuellement. La pureté esthétique du cadran est à mes yeux appréciable et correspond bien à l'image que je me fais d'une montre simple à remontage manuel. Dans ce contexte, je ne regrette pas non plus le retrait des éléments guillochés.

La Cartier Drive Extra-Plate est aussi à l'aise sur un poignet féminin:


Le fond du boîtier est plein, contexte extra-plat oblige: un fond transparent aurait rendu la montre plus épaisse. N'oublions pas non plus que le mouvement 430 MC (qui est en fait le calibre Piaget 430P) est petit (20mm de diamètre) et le rendre visible ne serait pas forcément une idée judicieuse car il semblerait perdu dans le boîtier. Les performances du mouvement sont classiques, à savoir une fréquence de 3hz et une réserve de marche d'une quarantaine d'heures. Le remontage quotidien est donc requis mais c'est loin d'être une contrainte: la manipulation de la couronne est facile et le remontage s'effectue avec douceur et de façon agréable.


La Cartier Drive Extra-Plate est disponible en deux versions: l'une en or rose qui rentre dans la collection permanente, l'autre en or gris étrangement éditée dans le contexte d'une série limitée de 200 exemplaires. J'apprécie beaucoup la chaleur de la version en or rose. La version en or gris est plus discrète et peut-être aussi plus contemporaine. Elle est équipée d'un très beau bracelet gris qui lui donne une petite touche d'originalité.


Je considère donc la  Drive Extra-Plate comme une très belle réussite de la part de Cartier. Elle profite pleinement de la forme du boîtier pour sortir du lot et offrir un mélange harmonieux d'élégance et de caractère. Ses proportions équilibrées constituent son meilleur atout et lui permettent d'être à l'aise aussi bien sur des poignets masculins que féminins. Le petit rituel du remontage quotidien contribue également à son charme. Voilà le Cartier que j'apprécie.

Les +:
+ un boîtier aux proportions équilibrées
+ la touche de caractère apportée par la forme du boîtier
+ les reflets argentés du cadran
+ le plaisir du remontage quotidien
+ la montre est disponible avec une boucle ardillon, plus élégante et plus pratique que la boucle déployante Cartier

Les -:
- l'absence de témoin de marche comme une trotteuse peut déranger
- je ne comprends pas pourquoi la version en or gris ne rentre pas dans la collection permanente

dimanche 5 février 2017

Lange & Söhne: Richard Lange Pour le Mérite en or gris (2016)

Je dois l'avouer, je fus très surpris de découvrir une nouvelle version, en or gris, de la Richard Lange Pour le Mérite à la fin de l'année 2016. Je ne m'y attendais pas du tout car je considérais les versions en platine et en or rose présentées en 2009 comme définitives. Cependant, je n'allais pas bouder mon plaisir car j'ai toujours considéré la Richard Lange Pour le Mérite comme la montre à trois aiguilles la plus aboutie en provenance d'une grande marque de haute horlogerie.

La ligne Richard Lange est celle dédiée à la chronométrie au sein du catalogue Lange. La Richard Lange Pour le Mérite se caractérise par la présence d'un mécanisme à chaîne&fusée qui assure une stabilité du comportement du mouvement tout le long de la réserve de marche (36 heures). C'est la raison pour laquelle elle porte la dénomination de "Pour le Mérite" qui caractérise les montres Lange & Söhne à chaîne&fusée. Elle est d'ailleurs la seule à ce jour en provenance de la manufacture saxonne à posséder ce mécanisme sans qu'il soit accompagné par un tourbillon et cette spécificité explique une grande partie de son charme. Car quand on l'observe côté cadran, rien ne semble la distinguer d'une simple montre 3 aiguilles à petite seconde à 6 heures... tout du moins dans la façon dont le cadran est organisé.


Les deux versions de 2009 possèdent en effet une caractéristique esthétique qui leur permettent d'occuper une place à part dans l'histoire du catalogue contemporain de Lange & Söhne: elles furent les premières, depuis la Langematik Anniversary à proposer un cadran en émail. Ce cadran était plus complexe à réaliser que celui de la Langematik car composé de 3 couches. Elément fondamental de la Richard Lange Pour le Mérite au même titre que son mouvement particulier, il disparaît étrangement de la version en or gris de 2016. "Etrangement" n'est peut-être pas l'adverbe approprié car une raison simple explique le remplacement du cadran en émail par un cadran noir en argent massif. La montre de 2016 est commercialisée, dans le contexte d'une série limitée de 218 exemplaires (correspondant au nombre de points de vente), à un prix quasi identique que celui de la version en or rose de 2009 (82.000 euros vs 82.400 euros 7 années plus tôt) ce qui constitue, compte tenu de l'inflation horlogère, à une baisse significative en euros constants.


En un sens, c'est un point positif. Lange & Söhne tient compte du contexte du marché et ajuste ses prix. Mais était-ce pertinent de procéder ainsi dans ce segment de prix extrêmement élevé? Après tout, la clientèle d'une montre de collectionneurs, de connaisseurs (on parle d'une montre à 3 aiguilles à plus de 80.000 euros!), est moins sensible (voire réfractaire) à ce type d'argument et se focalise avant tout sur le contenu horloger et sur la notion de valeur intrinsèque du produit. Et que dire aux collectionneurs qui ont acheté la Richard Lange Pour le Mérite en 2009 et qui apprennent 8 ans plus tard que 218 exemplaires supplémentaires de cette montre vont être produits? Pas simple à expliquer alors que la rareté et l'exclusivité du mouvement étaient des critères fondamentaux d'achat des versions d'origine. Il y a donc, selon moi, une certaine ambiguïté derrière la présentation de cette montre en 2016 et j'ai la conviction que les propriétaires des versions platine ou or rose auraient préféré qu'elle ne sortît jamais.

Si je mets de côté ce contexte et me focalise sur les qualités propres de la Richard Lange Pour le Mérite en or gris, elle apparaît de façon incontestable comme une très belle montre. Sa grande force demeure le superbe mouvement L044.1 d'une fréquence de 3hz et d'une réserve de marche de 36 heures. Au-delà de la qualité de ses finitions et de son architecture mettant en valeur le mécanisme de chaîne&fusée, il surprend par la finesse des 636 maillons de la chaîne. Le comportement de cette dernière est donc extrêmement fluide ce qui n'est pas le cas de toutes les montres à chaîne&fusée que j'ai pu voir. Le balancier est équipé d'un spiral maison et les ouvertures sur la platine 3/4 sont réalisées avec soin.


Le cadran noir de la Richard Lange Pour le Mérite en or gris est en argent massif comme précisé précédemment. Il est inutile de le nier: il n'a ni le charme ni l'impact visuel du cadran en émail des versions d'origine. Il n'en demeure pas moins séduisant et conserve, fort heureusement, les 3 niveaux apportant une petite touche de relief. J'apprécie les petites touches de rouge sur les chiffres des quarts qui empêchent le cadran de tomber dans une trop grande austérité. Mais l'ensemble reste visuellement très sobre.

Son boîtier est un modèle d'équilibre: avec un diamètre de 40,5mm et une épaisseur de 10,5mm, il offre des proportions harmonieuses. Je trouve cette taille idéale pour ce type de montre qui doit à la fois proposer une certaine élégance et aussi une belle présence au poignet compte tenu de la spécificité du mouvement. La couleur dominante du cadran réduit la perception de la taille et donne l'impression que cette version est légèrement plus petite que les versions d'origine. La montre apparaît aussi comme étant moins chaleureuse, affichant une rigueur toute germanique.


Heureusement, toute la magie du mouvement L044.1 est conservée et le plaisir de remonter ce mouvement, d'observer le comportement de la chaîne et de profiter d'une montre rare en toute discrétion font de la Richard Lange Pour le Mérite en or gris une pièce exceptionnelle. Et même si son tarif est élevé, elle est la seule à pouvoir offrir le mécanisme à chaîne&fusée chez Lange&Söhne à un prix inférieur à 100.000 euros. Alors, la présentation de cette montre est finalement une bonne nouvelle... pour les collectionneurs qui n'avaient pas pu se positionner sur les versions en or rose ou en platine. L'insatisfaction des uns fait le bonheur des autres...

Merci à la boutique Lange&Söhne de Paris.

Les plus:
+ les spécificités et finitions du mouvement L044.1
+ la finesse et la fluidité de la chaîne
+ une présentation sobre et élégante
+ la présence au poignet

Les moins:
- le cadran n'a ni le charme ni l'impact visuel du cadran en émail
- une sortie surprenante et plutôt difficile à expliquer aux collectionneurs qui se sont positionnés sur les versions d'origine de 2009